COLORATION DU BA.CILLE DE LA. TUBERCULOSE
loppés dans les poumons d'animaux sacrifiés trois à quatre semaines après l'inocvilation tuberculeuse. Des coupes de ces poumons, durcis dans l'alcool, furent colorées selon le procédé de Weigert par diverses couleurs basiques d'aniline', puis examinées à l'aide d'objectifs à immersion homogène, avec éclairage Abbe et sans diaphragme. Il fut impossible de mettre en évidence la présence de microbes dans ces préparations. Des parcelles de ces tvibercules furent écrasées et étalées en couche très mince sur des lamelles qu'on laissait sécher à l'air et qu'on fixait ensuite en les passant à plusieurs reprises dans la llamme d'un bec de Bunsen. Les tentatives de coloration faites sur les lamelles ainsi préparées demeurèrent également sans résultats. Koch s'appliqua alors à modifier le procédé ordinaire de Weigert. Des essais antérieurs lui avaient appris que la coloration de divers microbes était facilitée, lorsque à l'emploi de simples solutions aqueuses de couleurs basiques d'aniline, on substituait ces mômes solutions légèrement alcanilisées. Le bleu de méthylène fut choisi comme matière colorante et sa solution aqueuse fut additionnée de potasse dans une proportion telle qu'il ne se formât point de précipité et que le liquide ne se troublât point. Voici la composition de cette solution :
Solution alcoolique concentrée de bleu de méthylène. 1 ce.
Eau distillée 200 ce.
Solution de potasse à 10 p. 100 0 ce. 20
Après avoir laissé séjourner pendant 24 heures dans ce liquide des lamelles portant du frottis d'organes tuberculeux, Koch vit pour la première fois, çà et là dans la préparation, de fim bâtonnets colorés en bleu. Le bacille de la tuberculose était trouvé.
Dans les coupes, la coloration et la recherche du bacille par ce procédé étaient infiniment plus difficiles, à cause de la peine qu'il y a à distinguer les bacilles au milieu des noyaux et des
\. Par couleurs « basiques » ou « acides » d'aniline, il ne faut pas entendre des couleurs préscnlant l'une ou l'autre de ces réactions. Dans la nomenclature d'Ehrlich, les couleurs d'aniline sont dites basiques quand, comme pour le chlorhydrate de rosaniline (fuchsine), par exemple, c'est une base colorante, la rosaniline, qui est combinée à un acide indifférent, l'acide chlorhydrique. Les couleurs sont dites acides quand, comme, par exemple, pour le picrate d'ammoniaque, elles résultent de la combinaison d'un acide colorant, l'acide picriquc, avec une base indifférente, l'ammoniaque. Ce sont les couleurs basiques d'aniline qui se distinguent par leur affinité spéciale pour les microbes ainsi que pour les noyaux des cellules (Voir EnRhicH, Zeitsc/n-ift fur Icliinsche Medicin, 1880, Bd 1, p. 556).