CONSERVATION DES PRÉPARATIONS
d'uno couleur différente de celle des bacilles, à « colorer le fond », comme on dit. La coloration du fond a en outre pour avantage de faciliter la mise au point. Pour obtenir le meilleur contraste entre la couleur des bacilles et celle des noyaux des cellules, on emploie une solution hydro alcoolique faible de bleu de méthylène, de vert de malachite, ou d'hématoxyline, si les bacilles sont colorés en rouge, une solution de vésuvine, de safranine ou de carmin si les bacilles sont violets. Il faut ne laisser agir ces solutions que pendant peu de temps, une ou deux minutes, puis on lave à l'eau, afin de ne pas surcolorer le fond et de ne pas masquer un certain nombre de bacilles de la tuberculose. Il est bon aussi pour le même motif d'acidifier légèrement la solution.
Quand il s'agit de préparations de crachats, la coloration du fond porte aussi sur les divers microbes qui se rencontrent si abondamment dans l'expectoration des phtisiques et que l'acide a décolorés. La différence de couleur empêchera leur confusion avec les bacilles de la tuberculose.
Lorsque, dans une préparation de crachats ou dans une coupe, on veut simplement constater la présence ou l'absence de bacilles de la tuberculose, on peut généralement se dispenser de la double coloration : il reste toujours un peu de matière colorante fixée sur les tissus, de manière à rendre facile la mise au point. Mais dans les cas douteux, surtout avant d'affirmer un résultat négatif, il est toujours prudent de colorer le fond, afin de s'assurer le bénéfice du contraste des couleurs.
Quand on n'a pas l'intention de conserver la préparation, on peut se contenter de la monter dans l'eau, ce qui simplifie beaucoup les manipulations. Si, au contraire, on veut une préparation persistante, on essuie la lamelle avec du papier buvard, puis on la fait bien sécher, soit à l'air, ou mieux et plus rapidement en la plaçant pendant une demi-heure sur une plaque métallique chauffée à 100 degrés (Ehrlich) ; puis on monte dans du baume du Canada dissous dans le xylol. Le baume dissous dans le chloroforme et même dans l'essence de térébenthine (autrefois conseillée par Koch) décolore rapidement les bacilles. S'il s'agit d'une coupe, on la déshydrate par l'alcool absolu, on l'éclaircil, non pas à l'aide de l'essence de clou de girofle, qui
APPAREH.S OPTIQUES.
décolore les microbes, mais avec le xylol, et on monte dans le baume dissout dans le xylol.
Pour l'examen microscopique des préparations du bacille de la tuberculose, un objectif à immersion homogène, à grand angle d'ouverture, donnant un grossissement de 500 à 700 et combiné avec l'éclairage Abbe, est extrêmement utile. 11 est probable que, sans le secours de ces moyens optiques perfectionnés, la découverte du bacille aurait été, sinon impossible, du moins beaucoup plus difficile à réaliser. Quand il s'agit de l'examen de crachats et que l'observateur est déjà familiarisé avec l'aspect que présentent les bacilles de la tuberculose, on peut se passer d'un objectif à immersion homogène et employer soit un objectif à immersion à eau (quand la préparation est montée dans l'eau), soit un bon objectif sec à fort grossissement. Il est bon, dans ces cas, de recourir au condensateur de Dujardin ou d'Abbe et de supprimer le diaphragme. Mais quand les résultats de l'examen sont négatifs, il faut, avant de se prononcer, recourir aux modes d'investigation les plus sûrs : dans ce cas, l'usage d'un objectif à immersion homogène est indispensable, des bacilles en très petit nombre pouvant fort bien passer inaperçus avec des procédés d'exploration relativement primitifs. Pour l'examen des coupes, l'emploi des objectifs à immersion à huile est encore plus indiqué, à cause de la difficulté plus grande qu'il y a à distinguer les bacilles au milieu des tissvis. L'éclairage Abbe sans diaphragme constitue dans ce cas un auxiliaire précieux, car il supprime « les images de structure » et permet d'autant plus facilement la perception des « images colorées ».
Le bacille de la tuberculose présente une particularité remarquable et singulièrement heureuse pour le diagnostic : c'est d'être seul à se colorer par le procédé de Koch ou celui d'Ehrlich. Tous les autres bacilles actuellement connus, traités comme il vient d'être dit, se décolorent. C'est donc proprement une réaction caractéristique du bacille de Koch.
Une seule espèce bactérienne toutefois fait, dans une certaine mesure, exception à cette règle : c'est le bacille de la lèpre. Il se comporte comme le bacille de la tuberculose quand on le traite soit par le procédé primitif de Koch (bleu de méthylène