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BACILLE DE LA LÈPRE. — THÉORIE DE LA

alcalin et vésuvine), soit par la méthode d'Ehrlich ou par les divers procédés dérivés de cette méthode. On sait également qu'au point de vue morphologique, tant pour les dimensions que pour l'aspect, le bacille de la lèpre est à peu près identique à celui de la tuberculose; ce fait est d'autant plus remarquable que d'autres analogies encore, anatomiques et étiologiques, rapprochent les deux maladies. Cependant la distinction des deux bacilles, par les seules réactions colorantes, est aisée. Le bacille de la lèpre se colore plus facilement que celui de la

tuberculose par le bleu de méthylène alcalin (Neisser, Ktihne,Bordoni-Ufrreduzzi) ; coloré par le procédé d'Ehrlich, il résisterait mieux que le bacille de la tuberculose à l'action décolorante d'une solution à 1 p. 100 d'hypochlorite de soude (Lustgarten). Mais ce qui caractérise surtout le bacille de la lèpre, c'est la facilité avec laquelle il se colore, même à froid, par la simple méthode de Weigert, par les solutions aqueuses de couleurs basiques d'aniline, tandis que le bacille de la tuberculose ne se colore ainsi qu'au bout d'un temps très long ou avec l'aide de la chaleur (Neisser, Baumgarten) Le groupement particulier des bacilles de la lèpre, en touffes serrées, à l'intérieur des cellules (cellules lépreuses) est aussi un caractère qui les distingue du bacille de la tuberculose (voir fig. 7).

Le bacille de la syphilis de Lustgarten coloré par le violet de gentiane aniliné ou par le liquide de Ziehl ressemble beaucoup aussi au bacille de la tuberculose ; mais il se décolore par l'emploi des acides minéraux. Plus loin, il sera question des moyens de distinguer le bacille de Koch d'avec les bacilles du smegma et du cérumen.

1. Consulter à ce sujet : BAUMOARTEN,UoberUntersuchungsmcthoden zur Untcrschoidung von Lcpra-und Tuberkelijacillcn (Zeltschr. f. Mikroskopie,ï8Si, Bd . 1 ,p.:j67).

Fig. 7. — Bacille de la lèpre. Coupe d'un nodule h'preiix de la joue; double coloration : fuchsine phi^niquée et bleu de méthylène.

COLORATION SPÉCIFIQUE DU BACILLE DE LA TUBERCULOSE, loo

La théorie de cette réaction colorante spécifique du bacille de Koch est encore entourée de grandes obscurités, qui tiennent au vague de nos connaissances sur la constitution chimique des bactéries et sur le phénomène de la coloration. 11 y a cependant intérêt à rappeler les principales hypothèses émises à cet égard et dont quelques-unes ont inspiré des modifications plus ou moins heureuses apportées au procédé d'Ehrlich.

Pour expliquer le fait que le bacille de la tuberculose se colore par le bleu de méthylène alcalinisé par le violet de métliyle ou par la fuchsine additionnés d'aniline et qu'il ne se décolore pas par les acides, Ehrlich avait supposé que ce bacille avait une enveloppe douée de propriétés spéciales. Elle ne se laisserait traverser par les matières colorantes que sous l'influence d'un alcali, et d'autre part elle serait imperméable aux acides minéraux.

Koch se rallia pleinement à cette manière de voir : « Plusieurs raisons, dit-il, font supposer que les bacilles de la tuberculose, de même que d'autres bactéries, possèdent une membrane d'enveloppe qui se comporte autrement à l'égard des matières colorantes, que le corps bacillaire lui-même. Les bacilles colorés avec le bleu de méthylène paraissent plus minces que ceux que l'on colore par le violet de méthyle ou la fuchsine. Dans les cultures, où les bacilles sont étroitement juxtaposés, ils semblent se toucher quand la préparation est faite avec le violet de méthyle, tandis que, si la coloration est obtenue à l'aide du bleu de méthylène, les bacilles plus minces sont séparés les uns des autres par des espaces nettement visibles. Si les préparations de bacilles faites à l'aide du violet de méthyle se mettent à pâlir et à se décolorer, la décoloration ne porte pas sur la totalité du bacille : c'est à la périphérie que celuici commence à pâlir; de sorte que le bacille épais se transforme en un bacille plus mince, mais encore énergiquement coloré et ayant à peu près le diamètre d'un bacille coloré par le bleu de méthylène. Enfin, le fait que les bacilles de la tuberculose, dans les cultures, sont fortement agglutinés les uns aux autres plaide aussi en faveur d'une gaine de substance unissante. On peut donc admettre qu'il existe une membrane spéciale enveloppant le bacille, membrane permettant la pénétration de la matière colorante à la faveur d'un alcali, de l'aniline, etc., mais qui est à

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