‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 122 sur 689 · POSSÈDE-T-IL DES SPORES · texte numérisé non relu

POSSÈDE-T-IL DES SPORES

aux vraies spores, à celles du charbon par exemple. Quand les cultures sporulées de charbon, sous l'influence de l'âge, se résolvent en détritus, les spores claires, brillantes, y subsistent nettement; il n'en est pas de même pour les vieilles cultures du bacille de la tuberculose. La résistance aux matières colorantes était, naguère encore, considérée comme un des principaux attributs des spores; les recherches deNeisser, de Buchner, de Hueppe, etc., nous ont appris que cette résistance n'est pas absolue, que l'on arrive très bien à colorer les spores, qu'on peut même les colorer d'une façon difl"érente du reste du bacille. Malheureusement, les artifices de coloration qui triomphent de cette résistance des spores et qui nous permettent de les colorer si nettement dans le bacille charbonneux, par exemple (emploi du liquide d'Ehrlich, de la fuchsine phéniquée, chauffage prolongé du bain colorant), sont précisément, avec quelques variantes, les mêmes procédés que l'on emploie pour la coloration du bacille de la tuberculose. 11 en résulte que ces méthodes, excellentes et sûres pour colorer les spores d'un certain nombre d'autres microbes, le sont beaucoup moins quand il s'agit du bacille de Kocli. Toutefois, il nous faut mentionner les principales tentatives faites dans cette direction, quoiqu'elles n'aient pas, jusqu'ici, donné des résultats bien décisifs.

Si l'on colore énergiquement des bacilles tuberculeux avec de la fuchsine phéniquée ou anilinée et qu'on fait agir ensuite le bisulfite de soude (Ehrlich) on arrive à décolorer tout le bacille sauf quelques portions de forme ovalaire qui restent colorées en rouge Nocard et Roux, en colorant des cultures un peu vieilles par la méthode d'Ehrlich, constatèrent dans l'intérieur des bacilles « des grains plus foncés, soit au nombre de deux, un à chaque extrémité, soit au nombre de trois, deux aux extrémités, un au milieu du bacille. Un bacille n'a quelquefois qu'un grain, soit au bout, soit avant son milieu, parfois aussi on en voit plusieurs répartis sur toute sa longueur. Ces grains, qui ont tout à fait l'aspect de spores, deviennent plus nombreux et plus nets avec l'âge des cultures^ ». Metchnikoff appelle avec

1. EnRLïCH {Deutsche med . Wochenschrift, 1883, p. 159). — Beitrâge zur Théorie dcr Bacillenfài'bung {Charité -Annaleii, 1886, p. 124).

2. Nocard et Roux, Sur la culture du bacille de la tuberculose {Annales de l'Institut Pasteur, t. 1, 1887, p. 28).

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