‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 132 sur 689 · CULTURE SUR SERUM · texte numérisé non relu

CULTURE SUR SERUM

que les bacilles se trouvent régulièrement et exclusivement dans la tuberculose, que leur nombre, leur apparition et leur disparition sont en rapport direct avec l'évolution et la marche de la maladie, ce seul fait permet déjà de conclure, avec une grande vraisemblance, que la présence de ces bacilles ne tient pas à une simple coïncidence, mais qu'il s'agit là d'un rapport qui est celui de la cause à l'effet. » Toutefois, pour le prouver, il fallait tenter pour la tuberculose ce qui venait d'être fait avec tant de succès pour le charbon : il fallait isoler le bacille des produits naturels on il s'était développé, le cultiver en dehors du corps à l'état de pureté et montrer que ce bacille, ainsi isolé et inoculé à un animal sain, est susceptible de provoquer la maladie.

Après avoir essayé, mais vainement, l'ensemencement de tubercules pulmonaires écrasés sur divers milieux de culture, notamment sur la gélatine nutritive, Koch s'adressa à un milieu de culture spécial, solide et transparent, le sérum du sang coagulé. Le sérum du sang, stérilisé d'abord par le chauffage discontinu, d'après la méthode de Tyndall, devient solide, sans perdre sa transparence, si on le soumet pendant quelque temps à une température de 65° à 68°. Des produits tuberculeux furent étalés à la surface de ce sérum et les tubes maintenus à l'étuve à 37°. En les examinant à la loupe, au bout d'un certain nombre de jours, on vit apparaître sur la surface ensemencée des colonies particulières qui, colorées par les réactifs appropriés et examinées au microscope, se montrèrent exclusivement formées par des bacilles de la tuberculose. Entrons maintenant dans le détail de ces opérations.

Pour obtenir le sérum, il est nécessaire de recueillir le sang à l'abattoir, au moment où il sort de la veine de l'animal (ba'uf, veau, mouton), en observant la propreté la plus rigoureuse. Le sang est reçu dans des vases de verre stérilisés ' : il est bon de ne pas recueillir les premières portions, qui peuvent être souillées par les poils et les impuretés de la peau incisée. On remplit les cristallisoirs presque jusqu'au bord, on les porte, sans trop les remuer, dans un endroit frais (une cave par exemple), à l'abattoir même, et on les abandonne au repos pendant vingt-

1. Koch se servait, pour recevoir le sang, d'oprouvettes de 20 centimètres de

Page 1