CONSISTANCE DIFFÉRENTE DES DEUX CULTURES
Maffucci, par des taches arrondies, d'un blanc de cire, humides, qui, après un deuxième ou troisième réensemencement, forment une couche continue à la surface du sérum, d'aspect tout différent dés écailles maigres, sèches et discrètes des premières générations de la culture de tuberculose humaine.
Sur la gélose glycérinée, la culture est également humide et: grasse, Dès la seconde génération, la surface ensemencée dit tube se recouvre,, au bout de dix à quinze jours, d'un enduit continu, blanchâtre, d'aspect gras, luisant et humide (fig. 23),. Quand la culture est âgée d'un mois à six semaines, toute la surface de la gélose est envahie par une couche continue, surmontée de plis ou de saillies (iig. 24). L'aspect de la culture demeure encore pendant quelque temps humide et un peu lui^ sant et prend une teinte jaunâtre; ce n'est qu'au bout d'un long séjour à l'étuve que la culture peut prendre un aspect sec.
Un caractère distinctif remarquable et constant des cultures des deux tuberculoses, sur gélose aussi bien que sur sérum gékH [inisé,. c'est la différence de consistance qu'elles présentent. Les cultures de tuberculose humaine sont cohérentes, dures et dif^ liciles à écraser, même avec un fort fil de platine. Quand on en veut faire des préparations sur lamelles, on a de la peine à obte^nir un étalement convenable, et le fragment écrasé se divise en petits éclats. La culture aviaire, au contraire, est molle et peu consistante : quand on applique un peu de cette culture sur la-, lamelle à l'aide du fil de platine, elle s'étale aisément et sans, aucune pression,.
Le bacille aviaire transporté du milieu solide en un milieu liquide (bouillon simple, bouillon glycériné, etc.) s'y cultive plus facilement que le bacille humain, au fond du ballon, sous forme: de> grains arrondis. Semé en surface sur le liquide, il poussebeaucoup plus énergiquement que quand il est submergé; mais le voile qu'il forme présente un aspect moins sec, moins mat que le voile de la culture du bacille humain.
Les cultures du bacille aviaire présentent la même odeur })articulière que les cultures de tuberculose humaine. Toutefois, il m'a semblé que les cultures aviaires, sur bouillon glycériné, ont une odeur moins fine, plus aigrelette que celle des cultures du bacille humain.
Les cultures des deux tuberculoses, sur milieux liquides ou
Fio. 25. — Culture Je tuberculose aviairr développée eu surface sur ilu bouillon glycérine.
l'.iS AUTRES CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS UES DEUX HACII.LES.
solides prennent souvent, 'en vieillissant, une teinte rosée particulière.
On voit donc que l'aspect des cultures, soit sur sérum gélatinisé, soit sur gélose glycérinée, permet presque toujours, à la simple inspection, de décider si l'on a affaire à une ^culture du bacille humain ou du bacille aviaire. Cette distinction est surtout frappante pour les cultures jeunes, au début de leui' développement. Quand les tubes de la culture aviaire sont âgés de plusieurs mois, ils subissent un certain degré de dessiccation, et alors leur aspect peut être, surtout à un examen superficiel, confondu avec celui des cultures himiaines.
Les deux bacilles sont sensiblement identiques pour la forme et les réactions colorantes. Babes, il est vrai, croit que les bacilles, dans les organes des poules tuberculeuses, se colorent,plus facilement que ceux de l'homme; Maffucci trouve que, dansdes cultures, les bacilles aviaires sont plus minces ei plus longs que les bacilles humains; Arloing trouve égalemeni le bacille aviaii'e généralement un peu plus long ou plutôt un peu, plus variable dans sa forme que le bacille humain; mais ce sont là des différences que pour ma part je n'ai jamais pu retrouver d'une façon constante et régulière.
Les cultures de tuberculose humaine âgées de six mois ou moins encore se réensemencent difficilement. Au bout de huit à dix mois, elles ont presque toujours perdu leur végétabilité. Le bacille aviaire vit plus longtemps dans les cultures :. Maffucci parle de cultures encore vivantes, cultivables et susceptibles d'infecter la poule au bout d'un an et même de deuxmns*.
C'est donc à tort que l'on a attribué à l'emploi des .milieux glycérinés l'aspect gras et humide des cultures que l'on opposait à leur aspect sec, maigre et écailleux sur sérum. (À's aspects différents tiennent non à la nature du milieu nutritif, mais à la provenance différente de la semence tuberculeuse. Si l'on 3ème des produits de tuberculose aviaire spontanée sur des tubes de sérum, la culture s'y développe, aussi bien que sur la gélose glycérinée, en un enduit gras et humide. D'autre part, la tuberculose humaine, acclimatée par de nombreuses
1. Maffucci, Die Hiilinnr-Tubcrculosc (Ze/tsc/ir. f. Il'/f/iene und Infcclions- /,■ m /(/,-/(.. 1S92, Bil 11, p. 445).
FiG. 26. — Autre aspect d'une culture do tuberculose aviaire développée eu surface sur du bouillon glycérine!-.