RÉSISTANCE A LA DESSICCATION
développent plus lentement et se généralisent moins rapidement que celles déterminées par l'inoculation de cultures jeunes.
Les notions que nous possédons sur la résistance du bacille de la tuberculose à l'égard d'un grand nombre d'agents reposent sur des expériences faites en partie à l'aide de cultures pures, en partie aussi, et avant la découverte du bacille, avec des produits tuberculeux naturels.
Les crachats, considérés avec raison, dès le début, par Villemin, comme le moyen principal de dissémination du virus, ont été l'objet des premières recherches faites dans cette direction. Villemin soumit des crachats de phtisiques à la dessiccation rapide sur une assiette, et s'assura qu'ils étaient encore virulents au bout de plusieurs semaines'. Koch laissa sécher des crachats tuberculeux, pendant quatre à huit semaines, à la température du laboratoire, puis les délaya dans de l'eau et les injecta à des cobayes, qui devinrent régulièrement tuberculeux. Il supposa que cette résistance des bacilles à la dessiccation tient à la présence de spores à l'intérieur des bacilles". Malassez et Vignal soumirent des crachats de phtisiques pendant douze jours à des alternatives successives de dessiccation et de mouillage, et y retrouvèrent les bacilles, décelables par la coloration d'Ehrlich et virulents à l'inoculation
Schill et Fischer s'assurèrent que des crachats desséchés assez rapidement conservent leur virulence, d'une façon régulière, pendant environ quatre mois; vers le sixième mois, quelques inoculations échouent, alors que les autres sont encore efiicaces ; à partir du septième mois, toutes les inoculations demeurent sans effet. La virulence des crachats subsiste malgré une putréfaction de six semaines \ De Toma trouva également les crachats tuberculeux virulents au bout de dix mois de dessiccation; d'après lui, cette virulence disparaîtrait par suite de putréfaction, au bout de dix à onze jours ^ Galtier sou-
1. Vii.i.EMiN, De la propagation de la phtisie (Mémoire lu à l'Acad. de médecine, 13 avril 1869).
2. Koch, Die ^tiologie dcr Tuberculose (Berl.klin. Wochenschr., 1882, p. 229).
3. Malassez et Vignal, C. r. de la Soc. de biol., 1883, p. 366.
•i. SciiiLL et Fischer, Ucber die Desinfection des Auswurfs der Plithisiker [Mittheil. a. d. kais. Gesundheilsamte, Bd 2, 1884, p. 133).
5. De Toma, Sulla virulcnza dello sputo tubcrcolare [Annalitinlvevs.dimedic, juillet 1886).