‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 157 sur 689 · AU SÉJOUR DANS L'EAU, A LA PUTRÉFACTION · texte numérisé non relu

AU SÉJOUR DANS L'EAU, A LA PUTRÉFACTION

mit à la dessiccation des produits tuberculeux variés, provenant du porc et de la vache, en les maintenant à l'air et à la lumière (diffuse sans doute) à diverses températures inférieures à 30°. Après 13, 30 et 38 jours de dessiccation, ces produits inoculés déterminaient encore la tuberculose. De même le séjour dans les eaux qui se renouvellent ou qui no se renouvellent pas laisse longtemps subsister la virulence tuberculeuse. Galtier a obtenu des résultats positifs en inoculant à des lapins des fragments de rates tuberculeuses maintenues dans l'eau à la température de 3" à 8° pendant 8, 10, 15 et 17 jours et arrivées à un état plus ou mois avancé de putréfaction. Enfin il obtint encore une tuberculose lente chez le cobaye en lui inoculant de la matière tuberculeuse de la vache laissée deux mois dans de l'eau qui se renouvelait; la température avait oscillé entre 4" et 10°, et les quatre derniers jours l'eau s'était congelée par un froid de — 3".

Chantemesse et Widal, en opérant avec des cultures qu'ils plaçaient dans l'eau de Seine stérilisée et maintenue à la température de 8° à 18°, ont constaté que les bacilles étaient encore vivants au bout de 50 et de 70 jours ; ils avaient perdu presque toute virulence'. Avec Dubarry, j'ai constaté que le bacille de la tuberculose (aviaire) se conserve 95 jours dans de l'eau de rOurcq stérilisée et 115 jours dans l'eau de Seine stérilisée^ Ces recherches, faites avec des eaux préalablement stérilisées, ne peuvent pas, il est vrai, donner la mesure exacte de ce qui se passe quand les bacilles de la tuberculose sont introduits dans les eaux naturelles, où ils ont à lutter contre la concurrence des diverses bactéries aquatiles.

La putréfaction à l'air libre, dans l'obscurité ou à la lumière, la putréfaction dans l'eau et la putréfaction dans la terre, respectent longtemps, d'après Galtier, la virulence tuberculeuse. 11 a obtenu des résultats positifs par l'inoculation de suc de rate et de poumons tuberculeux en putréfaction depuis 10 à 30 jours, dans un milieu dont la température variait chaque jour de 8° à 20° ^

1. Chantemessr et Widal, Résistance des germes do la tuberculose dans l'eau de rivière {Congrès pour l'étude de la tuberculose, 1888, p. 317).

2. Straus et Dubarry, Durée de la vie des microbes pathogènes dans l'eau {Are/i. de mëd. expérim. et d'anat. pathoL, 1889, p. 7).

3. Galtier, Dangers des matières tuberculeuses qui ont subi la dessiccation, le contact prolongé de l'eau, etc. (C. r. de l'Acad. des sciences, 1887, t. 105, p. 231, et Congrès pour l'étude de la tuberculose, i"' session. PariSj 1888, p. 30a).

Page 1