ACTION DE LA CHALEUR SUR LE LAIT
soumises à la chaleur sèche de 100" pendant 1,2 et 3 heures, leur virulence s'est graduellement affaiblie, mais sans s'éteindre ' .
Une particularité intéressante qui ressort de ces expériences de Grancher et Ledoux-Lebard, c'est que, pour les bacilles soumis à l'action de la chaleur, la perte de la végétabilité et celle de la virulence ne marchent pas parallèlement. La première disparait bien avant la seconde. Ce fait, ainsi que j'ai pu m'en assurer, ne s'observe pas seulement pour les effets de la chaleur, mais aussi pour ceux du vieillissement, des antiseptiques et de la lumière. Cela est d'autant plus remarquable que, pour le bacille du charbon, par exemple, les choses se passent d'une façon précisément inverse, le pouvoir pathogène disparaissant généralement bien avant la végétabilité. Il en faut conclure que les milieux de culture artificiels dont nous disposons actuellement pour le bacille tuberculeux sont bien défectueux, car ils ne permettent plus le développement de bacilles affaiblis, il est vrai, mais vivants encore et virulents, puisque ces mêmes bacilles inoculés aux animaux sont encore susceptibles de provoquer une tuberculose généralisée et la mort.
Forster (d'Amsterdam) a étudié l'action de la chaleur humide au-dessous de 100° sur le bacille de la tuberculose, principalement en vue de rechercher si la pasteurisation du lait détruit sûrement les bacilles de Koch que ce lait peut renfermer. Ses recherches portèrent sur du lait de vaches tuberculeuses, sur des nodules de pommelière écrasés dans l'eau et sur des crachats tuberculeux dilués. Ces produits furent introduits dans des tubes capillaires scellés et portés au bain-marie à des températures variables, de 40° à 90°. L'expérience montra que les bacilles étaient tués par une température de 60° au bout de 45 à 60 minutes, par une température de 70° au bout de 5 à 10 minutes. L'action d'une températui^e de 30° pendant 12 heures ne suffit pas pour amener ce résultat. On s'assurait de la vie des bacilles par l'inoculation dans le péritoine ou sous la peau de cobayes-. Bonhoff fit des expériences analogues avec des cultures de bacille de la tuberculose à la surface de bouillon glycé-
1. Grancher et Ledoux-Lebard, Action de la chaleur sur la fertilité et la viru lence du bacille tuberculeux [Arch. de méd. expér. et d'anat. pathoL, 1892, p. 1).
2. Forster. Ucber die Einwirkung von liohen Temperaturen auf Tubcrkclbacillen [Hyqienische Rundschau, 1892, p. 869).