‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 170 sur 689 · ACTION DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA LUMIÈRE

fréquemment employé consiste à faire couler le lait sur une surface chauffée à une température donnée, puis à le refroidir brusquement. Le lait ne subit ainsi que pendant quelques secondes la température maxima de la surface chauffante, et la température de cette surface n'atteint jamais 95°. Parce mode de pasteurisation, qui a l'avantage d'altérer très peu le goût du lait, il n'est donc pas possible de détruire sûrement le bacille de la tuberculose'.

L'action de la lumière sur les bacilles de la tuberculose a été étudiée par Koch. Il constata que les bacilles peuvent être tués par une exposition aux rayons solaires directs, au bout de quelques minutes à quelques heures, selon l'épaisseur de la couche ainsi exposée. Il constata en outre que la lumière diffuse, quand son action se prolonge, produit le même effet : des cultures placées près de la fenêtre au grand jour, mais à l'abri des rayons solaires directs, périssaient au bout de S à 7 jours'. J'ai pu également m'assurer que des cultures très abondantes du bacille humain et du bacille aviaire, développées à la surface de ballons de bouillon glycériné, étaient tuées après avoir été exposées sur un balcon, pendant deux heures, aux rayons du soleil d'été. A côté de ces ballons, j'avais exposé au soleil des cultures préalablement desséchées, en couche mince, sur des lamelles de verre; déjà au bout d'une demi-heure, elles avaient perdu leur végétabilité et leur virulence.

L'action des désinfectants chimiques a été l'objet de recherches nombreuses et qui n'ont pas toutes la même valeur. Dans beaucoup d'entre elles, on faisait agir, pendant un temps variable, tel ou tel antiseptique sur les produits tuberculeux naturels, crachats ou fragments de tissu tuberculeux, que l'on inoculait ensuite pour s'assurer de la conservation ou de la perte de la virulence. Ces expériences ont une réelle valeur pratique, en ce sens qu'elles nous renseignent sur le pouvoir désinfectant que possède un antiseptique donné sur les matières tuberculeuses; mais elles ne nous renseignent pas d'une façon précise sur l'action directe exercée par l'agent antiseptique sur

1. De Man, Ucber die Einwii'kunn; von liolicn Tcmperatiu-cn auf Tubcrkclba- «illcn {Arch. f. Ihigiene, 1893, Bd 18, p. 133).

'J.. Koch, Uebcr bacteriol. Forschung (Congres international de Berlin, 1890).

DÉSINFECTANTS CHIMIQUES.

le bacille lui-même, ime partie de l'antiseptique pouvant être décomposée ou transformée en un corps inerte par sa combinaison avec les matières protéiques des tissus; c'est ce qui a lieu notamment pour le sublimé et les avitres sels de mercure. A ce point de vue les expériences faites avec des cultures pures, en suspension dans de l'eau, donnent mieux la mesure de l'efficacité réelle des divers antiseptiques.

Schill et Fischer, dans le travail que nous avons déjà eu occasion de citer, ont fait beaucoup d'essais de désinfection avec diverses substances sur les crachats tuberculeux frais ou desséchés. Les crachats étaient mis en contact dans un flacon bien bouché avec environ 8 à 12 fois leur volume du liquide antiseptique, que l'on laissait agir pendant 1 à 20 heures. Quand l'antiseptique était volatil, on plaçait les crachats sous une cloche ou dans un flacon bouché à l'émeri, au fond duquel était déposée la substance volatile, que l'on laissait agir pendant un temps variable.

Les crachats tuberculeux soumis ainsi pendant 10 heures à l'action de l'alcool absolu avaient perdu toute virulence. Les crachats furent soumis pendant le même laps de temps à l'action de l'eau créosotée à 1 p. 100, de l'acide arsénique en solution dans l'eau à 1 p. 100, de la solution saturée aqueuse de naphtaline, de l'iodure ou du bromure de potassium en solution aqueuse à 1 p. 100, de l'eau bromée à 1 p. 100, de l'eau iodée à 1 /SOO, de l'eau saturée d'iodoforme, aux vapeurs d'iodoforme, aux vapeurs d'essence de térébenthine; après une action prolongée pendant 20 heures de ces divers antiseptiques, les crachats inoculés sous la peau de cobayes provoquaient encore la tuberculose généralisée. 11 en était de môme de l'acide phénique en solution à 1 et à 2 p. 1 00 ; il faut une solution à 3 p. 100, agissant pendant 20 heures, pour détruire la virulence des crachats.

On doit à Vallin des expériences sur la résistance que les produits tuberculeux desséchés opposent à l'action de l'acide sulfureux. Des fragments d'organes tuberculeux provenant du cobaye furent écrasés dans de l'eau distillée; le suc obtenu servit à imbiber des feuilles de papier à filtrer qui furent desséchées pendant vingt-quatre heures à l'air. Le lendemain ce papier imprégné de suc tuberculeux virulent fut coupé en bandes

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