SUR LES CULTURES DU BACILLE
Yersin a étudié l'action de divers antiseptiques sur le bacille de la tuberculose en culture pure, procédé beaucoup plus précis que ceux qui consistent à opérer sur des crachats ou des produits tuberculeux natui'els, où une partie de la substance active peut se combiner avec la matière organique sans agir sur les bacilles. Après leur contact avec l'antiseptique, Yersin éprouvait la vitalité des bacilles, non pas en les inoculant à des cobayes, mais en les semant sur un milieu nutritif favorable. Nous avons déjà dit que ce n'est pas là le moyen le plus propre à montrer que les bacilles sont réellement tués, car les milieux de cultures artificiels peuvent demeurer stériles à l'ensemencement de bacilles dont l'inoculation est encore susceptible de provoquer la tuberculose généralisée chez le cobaye.
Quoi qu'il en soit, Yersin procédait de la façon suivante : avec une effilure de verre il prélevait un peu de culture à la surface d'un tube de gélose glycérinée ensemencé quinze jours auparavant. L'cffilure chargée de bacilles était plongée dans un tube à essai contenant la solution antiseptique. Après un temps déterminé, on faisait une prise dans le dépôt au moyen d'un tube effilé et on la laissait tomber dans un tube à essai plein d'eau distillée, stérilisée. Quelques heures après, on puisait à nouveau cette semence bien lavée pour la porter dans un ballon contenant du bouillon glycériné, que l'on plaçait à l'étuve à 39°. En opérant ainsi, les bacilles seuls étaient soumis à l'action de l'antiseptique, pendant des temps variables, sans qu'on fût exposé à une action secondaire de l'antiseptique sur les milieux de culture.