CONSTITUTION CHIMIQUE DES BACILLES DE LA TUBERCULOSE
ces mêmes substances, administrées à des animaux tuberculeux, se montrèrent absolument inefficaces'.
En somme, si le bacille de la tuberculose présente, à certains points de vue, une résistance assez notable, à la dessiccation par exemple, et une longévité parfois considérable dans les milieux de culture, il ofi're à d'autres égards une grande vulnérabilité, à l'action de la chaleur notamment, à celle de la lumière et de plusieurs agents antiseptiques, des sels d'or entre autres. Même dans le corps des animaux ou de l'homme, le bacille de la tuberculose ne possède pas cette vitalité dont on fait volontiers un de ses principaux attributs. Il ressort en effet des recherches de Kitasato que la plupart des bacilles contenus dans les crachats expectorés par les phtisiques ou dans les cavernes du cadavre sont des bacilles morts. Il est possible qu'il en soit de même des bacilles contenus dans l'intimité des tissus, et ainsi s'expliquerait en partie la difficulté que l'on rencontre à obtenir des cultures en ensemençant des produits tuberculeux. Mais si le bacille de la tuberculose semble périr assez facilement, même dans l'organisme de l'homme et des animaux qu'il a envahis, ce bacille mort est loin d'être inoffensif : les cadavres des bacilles tuberculeux, ainsi que nous allons le voir, continuent pendant longtemps à persister dans les organes oii ils ont vécu et y exercent une action à la fois phlogogène et toxique qui n'est pas un des traits les moins curieux dans l'histoire de ce microbe.
Les recherches sur la constitution chimique des bacilles de la tuberculose sont encore peu nombreuses, si l'on en excepte celles qui ont porté sur la tuberculine et dont il sera question au chapitre consacré à l'histoire de cette substance.
Hammerschlag, l'un des premiers, a fait sous la direction de Nencki une série de recherches sur la composition chimique des bacilles de la tuberculose ainsi que des produits qu'ils élaborent dans les bouillons de culture '. En traitant par un mé-
1. KocH, Uebcr baktcriol. Forschung [Congrès inlernational de Berlin, 1890).
2. Hammerschlag, Bakteriologisch-chemischc Untersuchungen liber Tuberkel- \)&c\\\en{Silzungs-Ber. d. k. Acad. d. Wissensch. Wien, 13 déc. 1888 et Centralbl. fur klin. Medicin, 1891, p. 1).