SUBSTANCE QUI POSSEDE LA COLORABILITÉ
lange d'éther et d'alcool, les bacilles préalablement bien lavés à l'eau et desséchés il constata qu'ils perdent 27 p. 100 de leur poids, chiffre énorme et qui dépasse de beaucoup celui que l'on obtient en traitant de la même façon n'importe quel autre microbe (la perte de poids, en moyenne, dans ce cas, est de 7 à 10 p. 100). L'extrait alcoolique et éthéré ainsi obtenu est formé de graisse et de lécithine, sans cholestérine ; il contient en outre une matière toxique qui, injectée aux cobayes et aux lapins, leur donne des convulsions et les fait périr. En traitant la masse insoluble dans l'alcool éthéré par une solution de potasse à 1 p. 100, on dissout une matière albuminoïde donnant les réactions habituelles (acide xanthoprotéique, réactif de Millon, réactif de Tanret). Il reste un résidu qui est probablement de la cellulose ; ce résidu se dissout en etfet dans l'acide sulfurique concentré en donnantune solution qui réduit la liqueur deFehling.
Il est très intéressant de voir la façon dont se comporte la colorabilité spécifique des bacilles pendant ces diverses opérations chimiques. Les bacilles conservent leur forme, malgré l'action de l'éther et de l'alcool et celle de la solution de potasse; mais à la suite de l'action de cette dernière, ils perdent leur colorabilité par la méthode d'Ehrlich; ils continuent à se colorer par la solution anilinée de violet de gentiane ou par le liquide fuchsiné de Ziehl, mais cette coloration ne résiste pas à l'action des acides forts. La lessive de potasse a donc extrait du corps des bacilles la substance qui retient la matière colorante et qui résiste à l'action des acides. La substance albuminoïde extraite ne résiste pas davantage à la décoloration par les acides, d'oii Hammerschlag conclut que la matière qui présente la réaction colorante caractéristique est une sorte de combinaison d'albuminoïde et de cellulose.
Hammerschlag s'est assuré que les bouillons additionnés de glycérine ou d'hydrate de carbone (sucre de canne, de raisin, lactose, glycogène, dextrine) donnent s(hi1s un développemeni notable de bacilles tuberculeux; la glycérine est particulièrement favorable. Toutefois les divers sucres sont à peine attaqués dans les bouillons où a végété le bacille de la tuberculose et ils s'y retrouvent en presque totalité. En traitant, par les procédés appropriés, les bouillons dans lesquels a vécu le bacille de la tuberculose, Hammerschlag dit avoir obtenu une toxalbumine,