ROLE DES CELLULES FIXES ET MIGRATILES
d'Ehrlich et les noyaux des cellules par une solution aqueuse de vésuvine. Pendant les premiers jours qui suivent l'insertion du fragment de tissu tuberculeux dans la chambre antérieure, rien d'apparent ne se manifeste, sauf la cicatrisation de la plaie cornéenne et l'enkystement du corps étranger introduit. A l'intérieur de celui-ci, à partir du deuxième jour, on peut constater une notable augmentation du nombre des bacilles, qui en pullulant franchissent le tissu de granulation formé autour du corps étranger et ne tardent pas à envahir l'iris et la cornée. Vers le cinquième jour, on les aperçoit déjà, disséminés dans le tissu de l'iris, au voisinage du point d'inoculation; ils sont libres dans la substance intercellulaire ou engagés dans l'intérieur des cellules fixes. Un certain nombre de ces cellules présentent déjà à ce moment des figures de mitose. Un peu plus tard, vers le sep tième ou le huitième jour, le nombre des ligures karyokinétiques devient plus abondant; au niveau des foyers bacillaires, ces figures s'observent sur tous les éléments fixes du tissu de l'iris (cellules fixes du tissu conjonctif, cellules endothéliales des vaisseaux, cellules épithéliales des deux faces de la membrane). Quelques jours plus tard on trouve en ces mêmes points des amas de cellules épithélioïdes : la plupart des cellules fixes du tissu conjonctif ou de l'endothélium vasculaire en voie.de division indirecte montrent une transformation de leur protoplasma aplati en un corps protoplasmique plus abondant, arrondi, polygonal ou cubique. On peut suivre toutes les étapes de la transformation des cellules fixes en cellules épithélioïdes, à noyau ovalaire, vésiculeux, comme celui des cellules fixes dont elles dérivent. Les cellules en karyokinèse peuvent contenir un ou plusieurs bacilles; la plupart n'en renferment pas, mais des bacilles s'observent dans leur voisinage.
A ce moment apparaissent, d'une façon discrète d'abord, puis plus abondants, des éléments cellulaires migratiles, caractérisés par la petitesse, la forme ronde et la forte cdloration de leur noyau et par leur pauvreté en protoplasma, et se distinguant ainsi facilement des cellules épithélioïdes à protoplasma abondant et à noyau ovalaire, volumineux, vésiculeux, et fixant moins énergiquement les matières colorantes. Ces cellules migratiles sont de deux espèces : les unes à protoplasma nettement visible, relativement abondant et munies de plusieurs noyaux