INVASION SECONDAIRE DU TUBERCULE
tous points à celle des tubercules de l'iris. Mais, malgré sa structure plus simple et l'absence de vaisseaux, la formation du tubercule se poursuit moins facilement sur la cornée que sur l'iris, parce que, dès le début du processus, des cellules lymphoïdes migratiles pénètrent du sac conjonctival dans le foyer d'inoculation cornéen et masquent ainsi les modifications éprouvées par les cellules fixes.
Nous avons vu que Koch admettait que les bacilles pénètrent dans les tissus par l'intermédiaire des éléments migratiles du sang ou de la lymphe qui leur serviraient de véhicule. Baumgarten n'accepte pas ce mode de propagation. Il fait remarquer que les bacilles se rencontrent libres dans les fentes de la cornée ou dans les canaux du suc, ou bien à l'intérieur des cellules fixes, à un moment oij le tubercule naissant ne possède encore aucun leucocyte. La dissémination des bacilles doit donc se faire dans les canaux du suc par la lymphe interstitielle, ou par végétation progressive. A un stade plus avancé du tubercule, quand les leucocytes y font leur apparition en nombre considérable, plusieurs d'entre eux peuvent englober des bacilles et les transporter à une certaine distance ; mais ce ne serait là qu'un épipliénomène et non la condition fondamentale de la genèse et de la diffusion du tubercule.
Un peu plus tard, vers le dixième ou le onzième jour, on voit apparaître à l'intérieur du nodule tuberculeux, entre les cellules épithélioïdes, un réticiilum fibrillaire très fin, déjà signalé par E. Wagner et qui est surtout visible sur les préparations fixées par l'acide chromique. Nous avons déjà mentionné l'opinion de ceux pour qui ce réticulum serait purement artificiel, résultant de la coagulation, par l'acide chromique, de l'exsudat albumineux interstitiel. Ce réticulum existe néanmoins, surtout à la périphérie du nodule, où l'on peut voir les fines fibrilles se continuer directement avec les fibrilles conjonctives des portions saines de l'iris. Il résulte probablement de la raréfaction des fibrilles préexistantes, atrophiées par la végétation cellulaire active du tubercule. En même temps l'on constate une sorte d'encapsulement du nodule dont le contour extérieur se limite très nettement. Les cellules marginales du tubercule subissent une sorte d'aplatissement, probablement sous l'influence de la pression excentrique qu'elles