‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 210 sur 689 · DE LA PROLIFÉRATION DES CELLULES FIXI]S · texte numérisé non relu

DE LA PROLIFÉRATION DES CELLULES FIXI]S

être tellement rapide et active que, dès le début, le tubercule affecte l'aspect d'un simple amas de cellules lymphoïdes : c'est la forme la plus maligne du néoplasme tuberculeux. Quand le processus est plus lent et la végétation bacillaire plus torpide, l'invasion leucocytaire peut faire presque complètement défaut et le tubercule demeure presque exclusivement constitué par des éléments épithélioïdes. Une fois envahi par les leucocytes, le tubercule aboutit à peu près fatalement à la mortification caséeuse.

Nous assistons donc, après les exagérations de la doctrine de la diapédèse, à un retour manifeste vers les idées premières de Virchow : le tubercule n'est pas un amas de globules blancs émigrés, il naît de la prolifération des cellules fixes. Toutefois nos notions sur la structure du tubercule diffèrent singulièrement de celles qu'avait formulées le fondateur de la pathologie cellulaire. Pour lui le tubercule se développerait exclusivement aux dépens des cellules du tissu conjonctif, cette « matrice » de la plupart des néoplasmes. Nous savons aujourd'hui que le tubercule peut naître de la prolifération des cellules fixes les plus variées, cellules épithéliales, glandulaires ou de revêtement, cellules endothéliales, cellules fixes du tissu conjonctif. Pour Virchow, le tubercule était essentiellement constitué par un amas de cellules lymphoïdes; c'était proprement un lymphome. Nous pensons maintenant que les éléments cellulaires fondamentaux et essentiels du tubercule sont au contraire des cellules plus hautement différenciées, à protoplasma abondant, reconnaissant le type épithélioïde (cellules épithélioïdes, cellules géantes).

Ces recherches nous ramènent encore à préciser la signification et l'origine de la cellule géante tuberculeuse. Nous avons déjà mentionné les diverses explications qui en avaient été données (p. 31, t)3 et suiv.). Nous pouvons maintenant les discuter en meilleure connaissance de cause. On ne peut les considérer comme caractéristiques du tubercule, quoique la cellule géante tuberculeuse, la cellule de Langhans, offre des particularités qui, en dehors de la présence du bacille, la distinguent presque sûrement des autres cellules géantes (myéloplaxes, cellules sarcomateuses). Dans celles-ci, les noyaux

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