DU POUMON ET DU REIN CHEZ LE LAPIN
trouve âu milieu du capillaire un amas de leucocytes polynucléaires dégénérés, tout autour une ou plusieurs cellules géantes contenant des bacilles; à la périphérie sont des leucocytes mononucléaires destinés à devenir des cellules épithélioïdes. Cellules géantes et leucocytes mononucléaires englobent, outre les bacilles, des fragments de chromatine provenant de la destruction des cellules polynucléaires. Autour du capillaire dilaté existe une agglomération cellulaire considérable; les capillaires des parois alvéolaires environnantes sont remplis de lymphocytes. L'ensemble de ces phénomènes est tellement rapide, la formation des cellules géantes si précoce, que Borrel n'admet pas la possibilité de l'intervention des cellules lixes.
Jusqu'ici il n'a été question que du processus observé à l'intérieur des vaisseaux; mais les alvéoles avoisinants sont le siège de lésions parallèles. Les leucocytes polynucléaires chargés de bacilles peuvent sortir du vaisseau et tomber dans les alvéoles; là aussi ils sont rapidement détruits ; alors interviendraient les cellules à poussière (Staubzellen) qui existent normalement dans les cavités alvéolaii*es ; ces cellules sont contractiles; elles englobent les particules étrangères; elles ne proviennent pas de l'épithélium desquamé, mais elles sont d'origine lymphatique, analogues aux grands leucocytes mononucléaires et jouant le même rôle qu'eux. Gomme dans les vaisseaux aux dépens des grands leucocytes mononucléaires, on voit se former dans les alvéoles des cellules géantes, aux dépens des cellules à poussière. C'est par ce double processus, intra-vasculaire et intra-alvéolaire, que naissent les tubercules. Dès le S*" jour, les granulations tuberculeuses sont visibles à l'œil nu et elles grossissent progressivement. Cette croissance du tubercule paraît due à la pénétration de nouveaux éléments migrateurs; les éléments fixes du poumon ne présenteraient pas de karyokinèse. Ces phénomènes se continuent pendant une vingtaine de jours, au bout desquels se manifeste un fait nouveau, la caséification. Avec la caséification des tubercules initiaux coïncide la généralisation de la tuberculose, se traduisant par une éruption de tubercules dans tous les organes. Dans le poumon, ces granulations siègent dans les canaux lymphatiques ou à l'intérieur des alvéoles; dans ce dernier cas, les tubercules secondaires se forment eux aussi aux dépens des cellules lymphatiques épan-