HISTORIQUE DE LA POMMELIÈRE
nées aux progrès réalisés dans l'étude de la tuberculose chez l'homme. Les anciens vétérinaires décrivaient, sous le nom de phtisie pulmonaire ou phtisie calcaire de la vache ou du bœuf, des lésions ulcéreuses de l'appareil respiratoire, accompagnées de consomption, sans les rattacher, pas plus du reste que les médecins leurs contemporains, à la présence de tubercules, dans l'acception actuelle du mot. Au point de vue descriptif, les auteurs français désignaient la maladie sous le nom pomme- Hère, caractérisée qu'elle est souvent par des tumeurs volumineuses, arrondies, siégeant dans les poumons, dans les ganglions ou sur les séreuses. Ces tumeurs débutent ordinairement par des nodosités plus petites, visibles surtout sur les plèvres et le péritoine, d'ovi le nom de maladie perlée {Per/sucht, Pearldisease) que lui ont donné les Allemands et les Anglais. Parfois ces tumeurs étaient qualifiées de tubercules, mais dans le sens descriptif du mot seulement. Nous savons aujourd'hui qu'il est une localisation particulière de la malarlie, chez la vache, portant principalement et quelquefois primitivement sur l'appareil génital, sur l'utérus et les trompes. Les vaches manifestent souvent, dans ce cas, une excitation violente de l'instinct sexuel; elles ne conçoivent plus ou avortent rapidement. Cette forme spéciale de la tuberculose, chez la vache, était décrite, par les vétérinaires allemands surtout, comme une maladie à part, sous le nom de nymphomanie ou de satyriasis. Ces mêmes vétérinaires la regardaient comme une maladie vénérienne se rapprochant de la syphilis [morbus gallicus boum) et que van Helmont déjà faisait dériver de l'homme, par suite de pratiques de bestialité. Pour ce motif, la consommation de la viande de ces vaches était rigoureusement prohibée, dans ». ' verses contrées d'Allemagne, par des règlements de police, jusque vers la hn du siècle dernier 1. Il fallut, pour dissiper le préjugé absurde de l'origine vénérienne de la maladie, qu'un vétérinaire du Mecklembourg, Graumann, publiât en 1784 un traité spécial sur ce sujet: il décrivit la pommelière comme une variété d'hydatides.
Dupuy, le premier, sur les conseils de Dupuytren, introdui sit dans la pathologie vétérinaire la notion anatomique du tubercule, telle que Bayle venait de l'établir; mais, par une
1. Consulter à ce sujet : Johne, die Geschichte der Tuherkulose, mit besonderer Beriicksichligung der Tuherkulose des Rindes, Leipzig, 1883.