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CARACTÈRES HISTOLOGIQUES

Dans les organes, dans le poumon notamment, ces tumeurs siègent on plein parenchyme et quand elles sont naissantes, elles sont directement entourées de tissu sain. A la surface des séreuses au contraire, elles semblent se développer dans un tissu de nouvelle formation, d'où il résulte qu'elles sont souvent pédiculées.

Pour l'étude histologique du tubercule de la pommelière, le

FiG. 39. — Tubercule fibreux du poumon d'une vache tuberculeuse; nombreuses cellules géantes.

mieux est, comme l'indique Schùppel, de choisir une petite tumeur pédiculée ou sessile de la plèvre que l'on place pendant une huitaine de jours dans une solution d'acide chromique ou d'acide picrique, pour la décalcifier, puis l'on durcit la pièce dans l'alcool. Sur les coupes de ces tumeurs, à un faible grossissement, on constate qu'elles sont formées par des nodules serrés les uns contre les autres, demi-transparents, enchâssés dans une gangue plus opaque de tissu conjonctif. Ces nodules offrent en moyenne un quart à un demi-millimètre de diamètre.

TUBERCULOSE PLEURO-PULMOXAIRE

A un grossissement plus fort, on s'assure que ces nodules offrent la structure caractéristique du tubercule. Les plus petits ne sont guère constitués que par une cellule géante, arrondie ou ovalaire, pouvant contenir jusqu'à 40 et SO noyaux; ce sont ces cellules géantes qui servent de point de départ à l'édification du nodule. Autour d'elles, dans les formes un peu plus avancées^ se groupent d'autres cellules volumineuses, arrondies ou polyédriques, riches en protoplasma, à un ou plusieurs noyaux; ce sont les cellules épithélioïdes ; ces nodules ne renferment jamais de vaisseaux; ils sont englobés dans un tissu de granulation, formé de cellules rondes ou fusiformes qui passent rapidement à la transformation fibreuse. Traités par les réactifs appropriés, ces nodules montrent la présence des bacilles de la tuberculose. Le nombre des bacilles que l'on observe dans les diverses lésions de la pommelicre est variable. Kocli fait remarquer avec raison qu'il n'est pas exact que les lésions de la pommelière soient plus riches en bacilles que les tubercules de l'homme. D'une façon générale, les bacilles sont assez clairsemés dans les tumeurs des séreuses, oîi on ne les rencontre guère que dans les cellules géantes. Les jeunes granulations des poumons en contiennent un plus grand nombre, ainsi que les lésions des ganglions lymphatiques.

La tuberculose pleuro-pulmonaire est la localisation la plus commune, dans l'espèce bovine comme chez l'homme. Les poumons sont volumineux et la séreuse hérissée de masses tubéreuses, mamelonnées, mûriformes ou en choux-fleurs, sessiles ou pédiculées qui constituent proprement les tumeurs de la pommelière. Si l'on incise le poumon, on rencontre des lésions variables. Le parenchyme pulmonaire peut être parsemé de granulations blanc jaunâtres de la grosseur d'un grain de mil à une tète d'épingle; le plus souvent ces granulations se réunissent en amas plus ou moins volumineux, dont le centre a subi la caséification ou l'infiltration calcaire. A côté de ces lésions, on trouve des foyers de broncho-pneumonie, parfois très étendus, en voie de transformation caséeuse ou de suppuration puriforme ou donnant au toucher la sensation du mortier.

On voit en outre des cavernes remplies d'une matière jaunâtre, granuleuse, ou visqueuse, parfois fétide. Les parois des cavernes sont irrégulières, anfractueuses, bourgeonnantes, in-

DES BOVIDÉS.

filtrées de sels calcaires et réunies par des brides formées parles vestiges des bronches et des vaisseaux. Quelquefois ces cavernes contiennent des séquestres plus ou moins volumineux, formés de fragments d'organes mortifiés. Autour des foyers caséeux et des tubercules miliaires, il n'est pas rare de voir se développer du tissu fibreux, très résistant, de consistance demi-cartilagineuse, assez souvent infiltré de sels calcaires. La muqueuse des bronches, de la trachée et du larynx est parsemée de tubercules et d'ulcérations plus ou moins étendues.

Les ganglions bronchiques et médiastinaux sont infiltrés de tubercules et de masses caséeuses et calcaires ; ces ganglions prennent parfois un développement énorme, formant des amas de près d'un demi-mètre de long, occupant les deux médiastins et pouvant comprimer l'œsophage et les gros vaisseaux de la région.

Une lésion qui s'observe fréquemment dans la tuberculose pleuro-pulmonaire des bovidés, c'est une péricardite extrêmement accusée, consistant enundépùtcaséo-calcaire entre lesdeux feuillets delà séreuse. Getexsudat peut atteindre des proportions énormes, comme c'était le cas chez la vache tuberculeuse dont le cœur est représenté par la figure 40. Le péricarde était rempli d'une sorte de mastic compact, dur, crayeux, de couleur jaune, d'une épaisseur de dix ou douze centimètres. Le cœur avec l'exsudat tuberculeux péricardique qui l'engainait ne pesait pas moins de 18 kilogrammes. 11 est tout à fait extraordinaire qu'avec des lésions aussi formidables, le cœur, revêtu de cette carapace caséeuse, ait pu continuer à fonctionner d'une façon à peu près normale.

Les lésions qui viennent d'être décrites sont celles que l'on rencontre dans la forme thoracique de la pommelière; il est de règle cependant que des lésions de môme nature se rencontrent en même temps dans la cavité abdominale ; la séreuse péritonéale notamment est dans ces cas presque toujours parsemée de touffes plus ou moins nombreuses de tumeurs perlées; le foie, les reins, peuvent aussi contenir des noyaux tuberculeux ; mais ces lésions, manifestement secondaires, sont en général beaucoup moins développées que celles que révèle l'appareil pleuropulmonaire.

La figure 41 est la reproduction de la section médiane

Pia 41. — Coupe médiane aiitéro-postérieure du tronc d'une vacho tuberculeuse; dans la cavité thoracique, les viscères sont eu place; la cavité péritonéale, vidée de ses viscères, présente des productions de pommelièro, mais moias abondantes que dans le thorax.

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