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MARCHE CHRONIQUE ET LATENTE DE LA MALADIE

ches du mâle ; elles poussent des beuglements continuels et, au pâturage, poursuivent leurs compagnes et montent dessus. Souvent elles ne conçoivent pas, ou bien elles avortent. L'avortement est parfois le premier symptôme de l'invasion d'une étable par la tuberculose (Roloff). On constate fréquemment un écoulement purulent par les parties génitales, et l'examen bactériologique permet d'y déceler la présence de bacilles. La cachexie et la généralisation des lésions se produisent plus tardivement que dans la forme pulmonaire.

Les localisations cérébrales de la tuberculose, primitives quelquefois, secondaires le plus souvent, se traduisent par des phénomènes d'excitation, des convulsions, des accès furieux, des crises épileptiformes, de l'hébétude ou du coma. Parfois on observe des phénomènes en rapport avec des lésions en foyer, de l'hémiplégie, du tournis, de la déviation de la tête, des paralysies du facial et du strabisme. La tuberculose spinale se traduit généralement par la paraplégie.

La tuberculose, chez les bovidés, présente d'ordinaire une marche éminemment chronique; il semble que ces animaux jouissent d'une résistance toute particulière au bacille de la tuberculose. La maladie peut, en quelque sorte, demeurer latente pendant des années, les animaux paraissent absolument bien portants, gras, en bon état de chair et fournissent un lait abondant; on les livre à la boucherie en parfait état de graisse et l'autopsie révèle des lésions tuberculeuses extrêmement avancées. Toutefois, après une période latente plus ou moins longue, on voit se manifester des exacerbations fébriles provoquées par de nouvelles poussées. Ces paroxysmes se rapprochent et finissent par amener l'épuisement et la consomption. Quelquefois, la maladie se généralise d'une façon rapide, comme le fait la tuberculose miliaire aiguë chez l'homme, et amène rapidement la mort des animaux.

Le diagnostic de la tuberculose bovine, dans ses premiers stades, est entouré de difficultés. Les symptômes initiaux, la toux, l'essoufllement sont des signes banals et qui n'acquièrent de valeur que quand on les observe chez des animaux occupant une étable infectée. La péripneumonie dans sa forme chronique, les échinocoques du poumon, l'actinomycose peuvent

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE.

donner lieu aux mêmes symptômes que la tuberculose pulmonaire. La tuberculose péritonéale est d'un diag-nostic encore plus obscur, surtout quand l'utérus n'est pas atteint et que l'écoulement vaginal caractéristique fait défaut.

L'examen bactériologique des produits de sécrétion (expectoration, jetage, pus, lait) combiné à l'inoculation peut rendre de précieux services, moins grands cependant qu'en pathologie humaine pour les raisons suivantes. Dans la phtisie pulmonaire de l'homme, si l'on en excepte les tout jeunes enfants, l'expectoration est la règle et permet aisément la recherche du bacille; il n'en est pas de même dans la phtisie bovine, les animaux déglutissant presque toujours la sécrétion bronchique et ne l'expulsant que par hasard, pendant les quintes violentes. Pour obvier à cet état de choses, un vétérinaire hollandais, Poels, avait proposé d'introduire un trocart entre les deux premiers anneaux de la trachée et d'aller puiser le mucus trachéal à l'aide d'une éponge fixée à l'extrémité d'un fil de fer. On dirige l'éponge vers la bifurcation des bronches, on la laisse s'imprégner de mucosités et, après l'avoir retirée, on l'exprime pour examiner le mucus et l'inoculer. Ce moyen est peu pratique et n'offre pas une sûreté suffisante. Friedberger etFriihner y ont eu recours, chez une vache dans un état de phtisie avancé, et ce n'est qu'après des tentatives réitérées qu'il leur fut possible de colorer quelques bacilles dans le mucus ainsi obtenu

Nocard conseille de frotter les parois du pharynx de l'animal suspect à l'aide d'une éponge solidement fixée à l'extrémité d'une baguette flexible ou entre les mors d'ime longue pince à polypes; l'éponge ramène les mucosités retenues dans les cryptes de la muqueuse; on l'exprime et on obtient ainsi un produit que l'on peut examiner et inoculer; mais ce procédé ne donne également que des résultats incertains. L'inoculation du jetage ou du lait à des animaux réceptifs, au cobaye, offre plus de chance de réussite. Le diagnostic de la tuberculose génitale est facile, quand il existe un écoulement vaginal, qui est généralement riche en bacilles. On peut aussi, dans les cas douteux,

1. Friedberger et Frôhner, Lehrhuch dev speciellen Pathol. und Thérapie der Hausthiere, Stuttgart, 1889, Bd 2, p. 526.

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