‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 250 sur 689 · LUTTE CONTRE LA POMMELIÈRE · texte numérisé non relu

LUTTE CONTRE LA POMMELIÈRE

mêmes; les vaches tuberculeuses, pourvu qu'elles soient bonnes laitières, sont gardées indéfiniment; les bêtes malades sont vendues à bas prix à de petits propriétaires ou sacrifiées, à l'abri de toute surveillance, dans des tueries particulières. C'est à restreindre et à détruire la maladie dans sa source, comme on le fait pour d'autres maladies infectieuses, la morve, la péripneumonie, qu'il faudrait s'appliquer. La bonne tenue et la désinfection des étables réaliseraient déjà un grand progrès, mais comment espérer l'obtenir pour les animaux, alors que, pour l'homme luimême, la société est encore impuissante à réaliser les mesures hygiéniques et prophylactiques capables de restreindre la tuberculose! Dans toute exploitation, dans toute étable où l'on a constaté l'existence du mal, il faudrait isoler les bêtes malades ou suspectes, les exclure absolument de la reproduction et les préparer pour la boucherie, de façon à en tirer le meilleur parti possible et à supprimer toute chance de contagion. L'exploitation ainsi expurgée devrait être désinfectée et mise à l'abri de toute infection nouvelle par l'introduction de sujets de provenance douteuse. Tout cela nécessiterait une surveillance éclairée des exploitations agricoles, des visites sanitaires régulières et tout un ensemble de mesures restrictives dont les frais ne laisseraient pas que d'être considérables : l'assurance obligatoire, avec indemnisation, parait être le moyen le plus approprié à la solution pratique de ce difficile problème.

J'ai déjà insisté, à diverses reprises, sur la difficulté qu'il y a à reconnaître la tuberculose bovine, non seulement à ses stades initiaux, mais même quand les lésions sont relativement avancées et que les sujets sont encore en excellent état de chair et de graisse ; ce sont ceux-là principalement qu'il y a intérêt à discerner, à surveiller et à éliminer, car c'est par eux surtout qu'à l'insu de tout le monde la maladie se propage et se perpétue. L'emploi de la tuberculine, comme agent révélateur de la tuberculose, a mis les vétérinaires en possession d'un moyen commode, peu onéreux et d'une sûreté très grande, quoique non infaillible, pour reconnaître l'existence de lésions tuberculeuses très limitées et que l'examen clinique serait impuissant à déceler ou même à faire soupçonner.

Aussitôt que Koch eut mis en lumière le parti que l'on pou-

Page 1