COMME AGENT RÉVÉLATEUR DE LA POMMELIÈRE
des échinocoques du poumon, du foie et de la rate et de la distomatose avec cirrhose du foie.
Rockl et Schtitz ont publié le compte rendu très détaillé de leurs expériences sur la tuberculine faites à Berlin. Une première série d'expériences porta sur 10 vaches, dont la plupart étaient amaigries, ne donnaient que peu de lait, dont la peau était sèche, le poil terne; plusieurs toussaient, présentaient des ganglions engorgés et des indurations des mamelles , en un mot des signes probables de tuberculose. A la suite de l'injection de tuberculine, 7 de ces vaches réagirent nettement, c'est-àdire présentèrent une élévation de température de 1 à 3 degrés ; toutes les 7 furent trouvées tuberculeuses à l'autopsie ; 2 animaux n'avaient pas réagi : ils ne présentaient pas de tubercules; enfin 1 vache, ayant réagi, montra à l'autopsie une lésion ulcéreuse du poumon, sans bacilles de la tuberculose. Sur 10 •cas, la tuberculine a donc été une révélatrice exacte dans 9 cas, c'est-à-dire dans une proportion de 90 p. 100.
Une seconde série d'expériences porta sur 42 bovidés (des vaches pour la plupart) soupçonnés tuberculeux; 33 d'entre eux réagirent nettement, dont 26 se révélèrent tuberculeux à l'autopsie, et 7 non tuberculeux. 9 animaux ne réagirent pas ou d'une façon insignifiante ; 2 d'entre eux étaient tuberculeux, 7 ne l'étaient pas. En résumé, 33 fois sur 42 cas, c'est-à-dire dans la proportion de 78 p. 100, la tuberculine a fait son office, ^'est-à-dire qu'elle a provoqué une réaction chez les animaux tuberculeux et n'a pas eu d'effet sur les animaux non atteints de tuberculose. Deux bœufs atteints d'actinomycose furent également soumis à l'injection de tuberculine; l'un réagit très nettement, l'autre d'une façon peu appréciable.
Une troisième série d'expériences porta sur 12 vaches d'une vacherie de Berlin, paraissant à l'abri de tout soupçon de tuberculose; 10 de ces animaux réagirent énergiquement (la température dépassa chez tous 41"); 2 seulement ne présentèrent pas d'élévation de température à la suite de l'injection de tuberculine. A l'autopsie, 11 furent trouvés tuberculeux, dont les 2 vaches qui n'avaient pas réagi. Les lésions se bornaient à des foyers très restreints, ganglionnaires, qui auraient échappé sûrement si l'autopsie n'avait été faite avec le plus grand soin. Dans 5 cas, l'examen microscopique (frottis des organes
LA TUBERCULINE DONNE
suspects sur lamelles) n'avait pas révélé la présence de bacilles, et l'inoculation aux cobayes seule démontra la nature tuberculeuse de la lésion. « Dans 75 p. iOO des cas, la tuberculine s'est donc révélée comme un moyen de diagnostic chez des animaux • paraissant absolument sains. » La dose de tuberculine dont l'effet a paru le plus favorable est de 0,5 ce. diluée dans 9 parties d'eau phéniquée à 1/2 p. iOO
Je mentionnerai aussi les résultats obtenus par Lydtin à Karlsruhe et à Mannheim. Les recherches ont porté sur 69 bovidés, dont la plupart étaient choisis au hasard sur le marché, et chez lesquels l'examen minutieux, fait par des vétérinaires, n'avait révélé aucun signe de tuberculose. Sur ces animaux, 29 réagirent à la suite de l'injection de la tuberculine; 25 furent trouvés tuberculeux, 4 ne présentaient pas de tubercules. Quant aux 40 animaux qui n'avaient pas donné de réaction, 39 ne présentèrent pas de tubercules, 1 était tuberculeux. Il résulte de ces chilfres que parmi les animaux ayant réagi 86 p. 100 étaient tuberculeux; parmi ceux qui n'avaient pas réagi, 95 p. 100 ne présentèrent pas de tubercules à l'autopsie. « La tuberculine, dit Lydtin, s'est montrée un bon moyen de diagnostic non seulement pour les animaux plus ou moins suspects de tuberculose, mais encore pour ceux qui paraissaient parfaitement sains. Elle s'est montrée comme un réactif particulièrement pénétrant dans les cas oij il n'existait que quelques tubercules isolés, pouvant facilement passer inaperçus à l'autopsie des animaux de boucherie. Pour établir la nature tuberculeuse de ces lésions, l'examen à l'œil nu, ou même la l'echerche du bacille n'a pas toujours suffi : dans quelques cas, il a fallu recourir à l'inoculation au cobaye... La dose de 0,5 ce. de tuberculine est la plus appropriée... Pour affirmer l'existence de la tuberculose, il faut obtenir une élévation de température d'au moins 1 degré et pouvant dépasser 40°. Les animaux qui sont déjà fébricitants se prêtent peu à l'emploi de la tuberculine dans un but de diagnostic ; ceux dont la température atteint ou dépasse 39°, 5 ne s'y prêtent pas du tout^ »
1. ROcKL et ScHiiTz, Erg^ebnisse dcr Vcrsuchc mit Tuborkulin an Rindvieli. Versuchc in Berlin [Arb.a. d. kaiserl. Gc.sundheitsamte, Bd. 8, 1893, p. 2).
2. Lydtin, Ei-gcbnisse dcr Vcrsuche mit Tuberkulin an Rindvieh. — Versuche in Karlsruhe und Mannheim [Ibid., p. 48).