RAREMENT DE FAUSSES INDICATIONS
Eber réunit dans un travail d'ensemble les résultats des expériences d'injection de tuberculine pratiquées par divers vétérinaires sur 247 bovidés. « Dans 134 cas, les animaux présentèrent une réaction fébrile manifeste; dans 113 cas, la réaction fit défaut. Sur les 134 animaux ayant réagi, HS, c'està-dire 85,82 p. 100 furent reconnus tuberculeux à l'autopsie; 19, c'est-à-dire 14,18 p. 100 n'étaient pas tuberculeux. Parmi les 113 qui n'avaient pas eu de réaction fébrile, 101 (89,38 p. 100) furent reconnus indemnes de tuberculose à l'autopsie; 12 (10,62 p. 100) étaient tuberculeux. En somme, sur 247 essais, 215 (87,45 p. 100) ont donné des résultats positifs, 31 (12,55 p. 100) des résultats négatifs en ce qui concerne le pouvoir révélateur de la tuberculine. »
Arloing, Rodet et Courmont provoquèrent de la fièvre (élévation de température de 1 à 2 degrés) chez des génisses saines, à la suite de l'injection de doses même très faibles de tuberculine (1 à 5 centigrammes). Des vaches dûment tuberculeuses ne réagissaient que faiblement et moins que des vaches saines. La conclusion de ces expérimentateurs est formulée ainsi : « Jamais nous n'avons vu la tuberculine nous fournir, pour le diagnostic, des indications précises en lesquelles on pût avoir une confiance aveugle. Cependant nous reconnaissons que les animaux qui recèlent quelque part des lésions tuberculeuses réagissent plus souvent et plus vivement que les animaux sains, sous l'influence de la tuberculine'. »
Nocard a fait des expériences nombreuses et fort bien conduites sur l'action de la tuberculine chez les bovidés. « Sur 71 animaux soumis à l'injection, 22 ont éprouvé une élévation de température variant de l°,4à3 degrés; pour un 23^, l'élévation n'a été que de 8 dixièmes de degré; celui-ci n'était pas tuberculeux; il avait de la cirrhose consécutive à de la distomatose ; un autre, qui avait réagi fortement à chaque injection de tuberculine, avait de l'adénie généralisée sans aucune lésion bacillaire; tous les autres étaient tuberculeux à des degrés divers, 10 d'entre eux étaient en bon état de santé apparente et il eût été impossible de soupçonner l'existence de la lésion dont ils étaient atteints. Des 48 animaux qui n'avaient pas réagi, 3 étaient
1. Arloing et Courmont, Étude expérimentale sur les propriétés attribuées à la tuberculine de M. Koch, Paris, 1892, p. 19.