LA. TUBERCULINE N'EST PAS INFAILLIBLE
tuberculeux, mais il n'était pas besoin de la tuberculine pour le reconnaître : ils étaient phtisiques au dernier degré et la lésion était généralisée à tous les organes... Parmi les animaux non tuberculeux qui n'ont manifesté aucune réaction, il s'en trouvait qui étaient atteints d'emphysème pulmonaire, de bronchite vermineuse, d'échinocoques, d'actinomycose, de péripneumonie aiguë ou chronique, etc. « Nocard a encore publié d'autres expériences oii les injections de tuberculine lui ont permis de déceler la tuberculose chez des animaux en parfait état de santé apparent. Souvent les lésions se bornaient à l'infiltration tuberculeuse de quelques ganglions bronchiques, médiastinaux et pharyngiens et il fallait un examen attentif pour trouver ces lésions à l'autopsie De ces recherches ainsi que de •celles de ses prédécesseurs, Nocard conclut que « les injections de tuberculine ont une haute valeur pour le diagnostic de la tuberculose des bovidés, toujours si difficile à établir : la réaction fébrile intense qu'elles provoquent chez les seuls sujets tuberculeux (elles restent sans effet chez les sujets sains) permet d'affirmer l'existence de lésions si limitées que les moyens ordinaires (examen clinique ou bactériologique, inoculations) eussent été impuissants à en déceler ou même à en faire soupçonner la présence. »
L'expérience semble de plus en plus montrer que la tuber- •culine donne rai^ement de fausses indications; cependant elle n'est pas infaillible. Chez des animaux tuberculeux la réaction ne s'est pas manifestée et, inversement, la réaction fébrile s'est produite chez des sujets qui, à l'autopsie, ont été reconnus n'être pas tuberculeux. Il ne faudrait pas, toutefois, s'exagérer la valeur de ces faits négatifs. On s'est assui'é que la réaction à la tuberculine pouvait faire défaut surtout chez les animaux très tuberculeux, phtisiques au sens propre du mot ou déjà fiévreux; il semble même, d'après Nocard, que la réaction soit le plus nette dans les cas où, la lésion étant très limitée, l'animal a conservé les apparences de la santé. Or ce sont précisément ces cas oii le diagnostic clinique est impuissant et où la tuberculine peut être d'un secours précieux ; quand au contraire
1. Nocard, La tuberculiac. Nouveaux faits prouvant sa haute valeur diagnostique [Recueil de méd. vétérinaire, 1892, p. 329}.