TUBERCULOSE DU CHEVAL
Dans ces derniers temps , des observations de tuberculose spontanée chez le cheval ont été publiées en nombre suffisant pour permettre de tenter au moins une description didactique de la maladie.
La tuberculose chez le cheval comme chez le bœuf présente deux portes d'entrée principales : l'appareil respiratoire et l'appareil digestif; seulement, à l'inverse de ce qu'on observe chez les bovidés (et chez l'homme), c'est par les voies digestives que le contage paraîtrait pénétrer le plus souvent (Nocard, Czokor). Vu le petit nombre des cas bien étudiés, le mode plus précis d'infection est bien obscur. Lehnert a publié l'observation d'un poulain devenu tuberculeux et qui avait séjourné longtemps dans une étable de vaches notoirement tuberculeuses. Nocard fait remarquer que les cas de tuberculose équine observés jusqu'ici sont toujours restés isolés, quoique le plus souvent le sujet malade appartînt à une écurie nombreuse; cela tient surtout, pense-t-il, « à ce qu'on n'a pas l'habitude de conserver longtemps le cheval qui ne peut plus travailler; on le fait sacrifier ; or le cheval tuberculeux devient promptement incapable de tout travail : il en résulte que les lésions pulmonaires, quand elles existent, n'ont pas le temps de subir le ramollissement d'oii procède le jetage ou l'expectoration virulente qui constitue l'agent le plus efficace de la contagion ».
Dans la forme abdominale, les lésions occupent surtout les ganglions, la rate, le foie, le péritoine et parfois l'intestin; presque toujours, mais secondairement, le poumon. Le feuillet viscéral et pariétal du péritoine et l'épiploon sont tapissés de tumeurs arrondies, isolées ou réunies en grappes, de la grosseur d'un grain de mil à celle d'une noix ou môme du poing, fermes, gris rosé ou blanchâtres, offrant une certaine analogie avec les productions de la pommelière. Les ganglions mésentériques et sous-lombaires sont parfois transformés en tumeurs énormes, bosselées, lisses et blanchâtres à la coupe, tantôt uniformément fermes et résistantes, le plus souvent ramollies par places et caséeuses. Ordinairement la rate et le foie sont volumineux et farcis de nodules de volume variable, fermes, rarement caséeux. « L'intestin est souvent le siège de lésions importantes qui sont surtout localisées sur les plaques de Peyer de l'iléon. Tantôt ce sont de véritables tumeurs épaisses, mol-