CARACTÈRES ET DISTRIBUTIOM DES LÉSIONS
lasses, rouges et assez lisses à la surface; tantôt les tumeurs sont ulcérées, le fond de l'ulcération renfermant une matière pulpeuse, jaunâtre ou noirâtre, très fétide; tantôt, enfin, il n'existe au niveau de la plaque qu'une ulcération dont la profondeur est accrue par l'épaississement induré de la muqueuse à son pourtour (Nocard). » Le poumon est presque toujours envahi, mais d'une façon manifestement plus récente; il est parsemé d'un grand nombre de points grisâtres ou blanchâtres, irréguliers, anastomosés, sous forme d'infiltration diffuse, sans foyer de ramollissement ni cavernes.
Dans un cas observé par Koch, les poumons étaient remplis d'un nombre extraordinaire de tubercules miliaires jeunes, d'où l'aspect d'un poumon humain atteint de tuberculose miliaire aiguë; dans ce cas, le point de départ de cette éruption miliaire put être nettement déterminé ; le tissu rétro-péritonéal contenait une tumeur énorme, englobant la veine cave inférieure et faisant des saillies anfractueuses dans l'intérieur de la veine ; une partie de ces saillies intra-veineuses étaient ramollies et leur contenu pouvait se vider librement dans le vaisseau. Le tissu de cette tumeur renfermait des bacilles en quantité innombrable, libres ou à l'intérieur de cellules géantes; c'est là, fait remarquer Koch, un bel exemple de généralisation de la tuberculose par le mode d'infection veineuse mis en évidence chez l'homme par Weigert.
Depuis quelques années Me Fadyean a étudié la lésion décrite sous le nom delymphadénome de la rate, chez le cheval. Sur 40 cas observés par lui, il constata qu'il ne s'agissait de lymphadénome ou de sarcome que dans 2 ou 3 cas, tous les autres se rapportaient à la tuberculose. Il rappelle à ce sujet que la tuberculose, chez le cheval, peut longtemps se localiser dans certains organes, dans les ganglions mésentériques notamment, sans se généraliser. La généralisation se fait parfois par infection veineuse et, dans ces cas, on constate des lésions pulmonaires miliaires extraordinairement abondantes et manifestement d'origine embolique. Toutefois, on rencontre aussi des foyers pulmonaires bronchopneumoniques qui paraissent primitifs et qui constituent probablement la porte d'entrée de la maladie
1. Me Kadyean, Equine tuberculosis (Jouîvi. of comparative Pathol. and Tlier., 189?, vol. 4, p. 383).