SA FRÉQUENCE
expérimentale et montrent que c'est le porc qui, après le bœuf, est de tous les animaux domestiques celui qui contracte le plus souvent la tuberculose. Encore faut-il admettre, comme le fait remarquer H. Bouley, que les cas observés dans les abattoirs ne donnent pas une idée exacte de la fréquence réelle de la maladie; cela tient à ce que la tuberculose chez le porc n'est pas, comme chez le bœuf, compatible avec l'engraissement; les
porcs atteints de s
cette maladie sont rv^
tués clandestine- o 'j^'p '•■'^
ment et, pour dis-
simuler la qualité c^Q ^ ^ .
inférieure de leur Q --^^ ^ *
viande, on l'uti- s '^Q:*^ Q^)
lise volontiers ^ ^
pour les besoins y ■ ^ ^
de la charcuterie.
Rien n'est va- O C ^ ' ' ~ riable, du reste, O ^ - ^
comme les statis- ^ tiques des diver- ^ fj)^ '0
ses localités. D'à- zf^^ ^ ' .'■■v/- / J8
près les chiffres ® , 7r-\) ^ ^\ 5>
réunis par Lyd tin, ~5-yf<L ^"^^^
sur 8000 porcs ^ ^
abattus annuel- soo
lement, de 1874
à 1882 dans le — Coupc microscopique du poumon de cheval tubercu-
' ^ leux représentiS dans la ligure préct'dente ; gross. 600. On voit
grand -duché de trois cellules géantes avec de nombreux liacilles.
Bade, 22 seulement auraient été reconnus phtisiques, ce qui ferait une proportion tout à fait insignifiante de 0,02 p. 100. A l'abattoir de Berlin, en 1883 et 1884, 0,3 à 0,9 p. 100 de la totalité des porcs sacrifiés furent reconnus tuberculeux. En Saxe, d'après Johne, en 1891, sur 230808 porcs abattus, 2477, soit 1,07 p. 100, étaient tuberculeux. En 1890, à Amsterdam, sur 30406 porcs, 323 étaient tuberculeux, soit un peu plus de
LÉSIONS DU TUBE DIGESTIF, DES GANGLIOiNS,
1 p. 100 (Thomasscn). A Rouen, en quatre ans, Veyssière n'a trouvé que 15 porcs tuberculeux sur 38164 abattus, soit moins de 0,04 p. 100. A côté de ces chiffres tout à fait minimes, on est étonné de la proportion formidable qu'atteint la tuberculose porcine en Danemark : d'après Bang, on a sacrifié à l'abattoir de Copenhague 8569 porcs, dont 975, soit 11,38 p. 100, étaient tuberculeux.
La tuberculose, contrairement à ce qui se passe pour l'espèce bovine, s'observe surtout chez les sujets jeunes, au-dessous d'un an. Presque toujours, il s'agit manifestement d'une contamination par ingestion, par le lait de truies tuberculeuses (alors toute une portée peut être atteinte), par l'alimentation avec du lait ou les résidus du lait de vaches tuberculeuses, ou avec des viscères tuberculeux provenant des abattoirs, des enclos d'équai'rissage. Il est probable que les porcs peuvent aussi s'infecter en avalant des crachats d'homme phtisique (obs. de Bang, mentionnée plus haut). La contamination des porcs par la voie respiratoire semble beaucoup plus rare.
Les granulations tuberculeuses chez le porc se caséifient rapidement, mais subissent bien moins volontiers que chez le bœuf l'infiltration calcaire. La généralisation s'effectue avec rapidité et la tuberculose dans ces cas affecte fréquemment une marche galopante.
Les lésions siègent de préférence sur le tube digestif et ses annexes, dans presque toute leur étendue. On observe assez fréquemment une tuberculose des ganglions sous-maxillaires, parotidiens, pharyngiens, cervicaux, d'où un chapelet de tumeurs allant d'une oreille à l'autre et donnant au cou de l'animal une apparence strumeuse caractéristique {.scrofa, truie) ; ces lésions rappellent 'd'une façon frappante l'adénite cervicale scrofuleuse des enfants. Souvent, dans ces cas, on constate en même temps des ulcérations tuberculeuses des amygdales, plus rarement du pharynx, de sorte que l'on peut ainsi saisir sur le fait le mode d'entrée du virus; souvent aussi ces lésions de surface font défaut. La muqueuse du jéjunum, de l'iléon et du caecum est parfois le siège d'ulcérations tuberculeuses plus ou moins profondes, avec participation des ganglions mésentériques (Ostertag). Le foie dans ce cas est fréquemment envahi par infection par la veine porte et parsemé de granulations miliaires