POUR LA DISTINCTION DES DEUX CULTURES
chien une culture de morve en quantité notable (1 ce. à 2 ce. de culture récente dans du bouillon) , on provoque constamment la mort au bout de 3 à 6 jours avec des lésions morveuses généralisées de la peau, du foie, de la rate et des poumons. Par conséquent là où l'injection sous-cutanée du virus ne détermine qu'une lésion locale suivie de guérison, l'injection intra-veineuse entraine constamment des lésions généralisées et la mort'.
Tout différents sont les eff^ets de l'inoculation de la tuberculose aviaire au chien. L'injection intra-veineuse même de très grandes quantités de culture aviaire ne produit chez le chien aucun effet appréciable. Les animaux, gardés pendant de longs mois, ne manifestent aucun trouble de la santé, engraissent et, quand on les sacrifie, ne présentent aucune lésion tuberculeuse. Il semble que le bacille aviaire est détruit rapidement dans l'organisme du chien. Si l'on injecte des doses énormes (20 à 30 centimètres cubes d'une émulsion dense de culture), l'animal maigrit jusqu'à perdre presque la moitié de son poids et meurt au bout de six semaines à deux mois, sans aucun tubercule et mémo sans aucun bacille dans les organes : la mort, dans ce cas, paraît être le résultat d'une intoxication spéciale ^
On voit donc combien sont différentes dans leurs effets, chez le chien, la tuberculose humaine et la tuberculose aviaire. Le chien peut être considéré comme étant l'animal réactif par excellence pour leur différenciation. On voit aussi ce qu'il faut penser de la prétendue immunité du chien à l'égard de la tuberculose et des diverses tentatives thérapeutiques qui ont eu pour point de départ la foi dans cette immunité du chien : on a cru vacciner le lapin contre la tuberculose à l'aide de sérum de chien; on a aussi eu l'idée d'essayer ce sérum pour le traitement de la tuberculose de l'homme. Nous nous expliquerons plus loin sur la prétendue vaccination du chien, à l'égard de la tuberculose humaine, par des inoculations préventives de tuberculose aviaire.
Quoique les faits cliniques que l'on trouvera exposés pkis bas semblent établir nettement l'infection tuberculeuse du chien
^ 1. Straus, Essais de vaccination contre la morve (Arch. de méd. experim. et d'anat. pafhoL, 1889, p. 480).
2. Nos expériences relatives à l'inoculation au chien de la tuberculose humaine et aviaire se trouvent plus loin, p. 429 et 436.