‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 271 sur 689 · TUBERCULOSE SPONTANÉE DU CHIEN · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE SPONTANÉE DU CHIEN

par les voies digestives, ce mode d'infection n'a guère pu encore être établi, à ma connaissance, par l'expérimentation. La plupart de ceux qui ont tenté de provoquer la tuberculose chez les chiens en leur faisant avaler, à différentes reprises, des matières tuberculeuses, ont échoué. Je citerai à ce sujet les expériences récentes de Zagari. Des chiens furent soumis pendant 3 à 4 mois à l'ingestion de crachats de phtisiques; on leur faisait en môme temps manger des organes d'animaux tuberculeux; ces chiens ne présentèrent aucun trouble appréciable; plusieurs engraissèrent; à l'autopsie, ils ne montrèrent aucune lésion tuberculeuse. Les matières fécales des chiens soumis à ces expériences contenaient des bacilles de la tuberculose en très grande abondance; l'ipoculation d'une petite quantité de ces matières fécales à des cobayes les rendit tuberculeux, ce qui prouve que le bacille de Koch peut traverser le tube digestif du chien sans infecter ce dernier et sans néanmoins perdre notablement de sa virulence'.

La tuberculose spontanée du chien, jusque dans ces derniers temps, semblait être une rareté. L'ancienne littérature vétérinaire mentionne quelques cas de tuberculose chez le chien, mais il n'est pas certain qu'on ait évité la confusion avec d'autres affections pulmonaires, d'origine vermineuse. On verra plus loin, au chapitre XVII, le cas publié par Malin d'un chien qui avait l'habitude de lécher les crachats de sa maîtresse phtisique; à l'autopsie de ce chien, on trouva « les deux poumons presque entièrement détruits par la suppuration ». Brusasco fit connaître le premier cas authentique de tuberculose spontanée chez une chienne. Cet animal vivait en promiscuité étroite avec un phtisique; à l'autopsie de la chienne, on trouva des tubercules disséminés dans le poumon et le foie: ces tubercules inoculés à des lapins leur communiquèrent la maladie". A la suite de la découverte du bacille de la tuberculose, les observations se multiplièrent relatives à des cas de tuberculose chez des chiens vivant dans l'intimité d'hommes tuberculeux et paraissant s'être infectés par la déglutition de leurs crachats. Ândrieu fit connaître un cas de tuberculose généralisée chez un

1. Zagari, Sul passaggio del virus lubercolarc nel tubo digerente del cane [Giorn. intcrnaz. d. scienze mcdiche, 1889, fasc. 9).

2. Brusasco, Tubcrcolosi miliare per contagionc direlta 'dall'uomo ad una eagna ( Ihnedico vetmnario, 1882, p. Ij.

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