TUBERCULOSE EXPÉRIMENTALE DU SINGE
remarquable. Dans les autres mammifères, j'ai noté rarement l'affection tuberculeuse de la rate'. »
On doit à Dieulafoy et Krishaber des recherches expérimentales nombreuses et intéressantes, relatives aux effets de l'inoculation du tubercule au singe. Seize singes reçurent dans le tissu cellulaire sous-cutané des produits tuberculeux provenant de l'homme (matière caséeuse ou granulations tuberculeuses). La plupart des animaux succombèrent au bout d'un à plusieurs mois avec des lésions tuberculeuses extrêmement prononcées des poumons, des ganglions bronchiques, de la rate, du foie, du péritoine. Pour cette tuberculose par inoculation, Dieulafoy et Krishaber signalent, comme pour la tuberculose spontanée du singe, l'aspect purulent des foyers tuberculeux, en particulier de ceux de la rate et du foie.
Des inoculations de contrôle p,,. 53. tubcrcnleusc do singe, grandeur
furent faites sur dix singes naturelle. On voit à la surface de la rate des
tuljerculcs blanc jaunâtre, arrondis, presque avec du pus non tuberCU- fluctuants, ressemblant à des pustules.
1 eux; un seul de ces singes,
infecté probablement d'une autre manière, présenta des tubercules à l'autopsie.
Dieulafoy et Krishaber purent aussi s'assurer de l'influence de la cohabitation svir la transmission de la tuberculose au singe. Sur 24 singes non inoculés, mais qui avaient vécu en promiscuité avec les singes inoculés avec du tubercule, S moururent tuberculeux. A partir de ce moment, la singerie fut évacuée, nettoyée et désinfectée, puis repeuplée avec 28 nouveaux singes ; sur ces animaux, au bout de quatorze mois, 1 seul est mort tuberculeux, et ce singe, qui n'avait séjourné que deux semaines dans la singerie, était l'un des derniers arrivés.
De l'enquête à laquelle ils se sont livrés, Dieulafoy et Krishaber tirent cette conclusion que la tuberculose chez le singe transporté dans nos climats n'est pas aussi fréquente qu'on est enclin à le croire. La mortalité parphtisie chez le singe est sur-
1. Rayer, Étude comparative de la pliti.sie pulmonaire chez l'homme et chez les animaux {Arch. de médecine comparée, 1843, t. 1, p. 211).