FRÉQUENCE DE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE
tout considérable dans les jardins zoologiques, où les singeries ne sont jamais complètement évacuées, oii il y a toujours des sujets tuberculeux qui contaminent les nouveaux arrivés et où les conditions hygiéniques sont très défectueuses.
Au Jardin zoologique de Londres, d'après une statistique de Forbes portant sur 173 sujets, la tuberculose a été constatée à l'autopsie dans une proportion de 43 p. 100; au Jardin d'acclimatation de Paris, d'après Saint-Yves Ménard, la proportion des singes morts tuberculeux est d'environ 20 p. 100; au Jardin zoo logique de Francfort-sur-le-Mein, elle est d'environ 22 p. 100, Dans les ménageries ou dans les singeries des amateurs, où les soins de propreté et de désinfection sont plus grands, la tuberculose, d'après Dieulafoy et Krishaber, est beaucoup plus rare'.
Koch a eu l'occasion d'examiner huit singes morts de tuberculose spontanée ; chez tous le poumon semblait être le foyer primitif de l'infection. Dans un cas, la maladie avait eu son point de départ dans la cavité des fosses nasales ; une ulcération provenant sans doute d'une plaie par grattage s'était développée à l'entrée des narines et avait gagné la cloison et les cornets ; en même temps les ganglions sous-maxillaires se tuméfièrent et s'abcédèrent; Ce n'est qu'à ce moment que l'animal, vif et bien portant jusque-là, commença à devenir oppressé et à maigrir; à l'autopsie, on trouva de nombreux tubercules dans le poumon, la rate, le foie et l'épiploon-.
Grâce à l'extrême obligeance du professeur H. Milne-Edwards, j'ai pu faire l'autopsie de sept singes tuberculeux, morts au Jardin des Plantes ; six d'entre eux avaient manifestement une tuberculose pulmonaire primitive, avec généralisation à la rate et au foie; dans un cas, chez un jeune macaque, les ganglions mésentériques et rétro-péritonéaux étaient énormément tuméhés et ulcérés par places; la rate, le foie et les poumons contenaient de rares tubercules isolés; l'intestin, soigneusement examiné, ne présentait aucune lésion tuberculeuse. 11 s'agissait là d'une phtisie mésentérique comparable au carreau des jeunes enfants. Dans un cas de phtisie pulmonaire avec généralisation, il existait chez un singe adulte une carie tuberculeuse du corps
1. DiEULAi'-OY et, Krishaber, De l'inoculation du tuljerculc sur le singe (Arcli. de l'hi/siol. norm. et palliai., 1883, t. 1, p. 424).
2. Kocii, Die yEliologie der Tuborkulose [Mittheil. a. d. liais. Gesundheihrimte. Bd. 2, 1884, p. 42).