‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 301 sur 689 · BACILLES TUBERCULEUX ET VERS DE TERRE · texte numérisé non relu

BACILLES TUBERCULEUX ET VERS DE TERRE

faits à rapprocher de ceux signalés par Hip. Martin à la suite de l'inoculation de produits tuberculeux humains à la poule réfractaire.

Lortet et Despeignes, par une variante de l'expérience bien connue de Pasteur sur le rôle des vers de terre dans le transport du virus charbonneux, ont fait des expériences dans le but de rechercher si les lombrics étaient susceptibles aussi d'être contaminés par le bacille de Koch et s'ils pouvaient ainsi servir d'intermédiaires pour la transmission de la tuberculose. Des pots à fleurs furent remplis de terre mélangée avec des crachats de phtisiques ou des fragments d'organes tuberculeux; puis on y introduisit quatre à cinq lombrics. Au bout de plusieurs semaines, les lombrics furent retirés, leur surface externe soigneusement nettoyée, le tube digestif extrait avec précaution; on broya ensuite le lombric privé de son tube digestif et on inocula des cobayes avec le liquide ainsi obtenu; plusieurs de ces cobayes devinrent tuberculeux. La môme expérience faite avec les excréments des vers a donné aussi des résultats positifs. Les bacilles tuberculeux avalés par les lombrics se retrouvent donc, encore virulents, dans le contenu du tube digestif et dans les tissus de ces animaux. Les expérimentateurs lyonnais en concluent que l'on doit considérer les lombrics comme pouvant servir à la dissémination de la tuberculose, car il n'est pas impossible qu'ils ramènent à la surface de la terre, avec leurs excréments, des bacilles recueillis sur les cadavres tuberculeux enfouis dans les cimetières. Nous avons vu en effet (p. 209) que le bacille de la tuberculose peut conserver pendant longtemps sa virulence dans le sol, et les expériences de Lortet et Despeignes déposent dans le même sens.

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