‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 300 sur 689 · INOCULATION DE PRODUITS TUBERCULEUX A LA GRENOUILLE · texte numérisé non relu

INOCULATION DE PRODUITS TUBERCULEUX A LA GRENOUILLE

inoculation. Les organes intemies ne présentaient pas de lésions appréciables à l'œil nu; mais, à l'examen microscopique, on trouva dans le foie, les poumons et la rate des amas de leucocytes plus ou moins dégénérés et chargés de bacilles de la tuberculose. Un certain nombre de ces amas de leucocytes étaient entourés d'une zone de petites cellules rondes, inflammatoires; c'étaient des nodules tuberculeux élémentaires. Sibley pense qu'il s'agit bien là d'une tuberculose expérimentale chez les serpents, qu'il rapproche des cas spontanés observés par lui'. A cela se bornent les documents, encore bien incomplets, que nous possédons sur la tuberculose chez les serpents ; ces recherches demanderaient à être confirmées et complétées.

Despeignes a injecté à des grenouilles dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans la chambre antérieure de l'œil des produits tuberculeux divers, cultures pures, crachats, fragments d'organes tuberculeux. Ces batraciens étaient maintenus les uns à la température ordinaire du laboratoire, les autres à la température de 25° ; ils mouraient en moyenne au bout de deux à huit jours, sans présenter de lésions tuberculeuses appréciables ni à l'œil nu ni à l'examen microscopique ; mais en inoculant des fragments de divers organes de ces grenouilles (poumon, foie, pancréas, etc.) à des cobayes, on put les rendre tuberculeux. Le même résultat fut obtenu quand, au lieu d'inoculer les produits tuberculeux sous la peau ou ailleurs, on introduisait ces produits dans l'estomac des grenouilles. Une expérience faite sur un triton a également abouti au même résultats Ces expériences ne sont pas, à proprement parler, des faits detuberculisation de la grenouille; elle ne prouvent pas que le bacille de Koch puisse se multiplier dans le corps des batraciens, comme il le fait chez les animaux à sang chaud; elles établissent simplement, selon moi, que les bacilles inoculés ou ingérés pénètrent dans la circulation générale et se retrouvent dans les organes de la grenouille, conservant encore au bout d'un certain nombre de jours leur virulence. Ce sont là des

1. SiBLRY, Inoculated tuberculosis in snakes [Transactions of the pathol. Soc.of London, 1892, p. 426).

2. Despeignes, Tuberculose expérimentale chez les animaux vertébrés dits à sang froid {Études sur la tuberculose publiées sous la direction de Verneqil, 1891, t. 3, p. 2i.

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