‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 304 sur 689 · JUSQU'A LA DÉCOUVERTE DU BACILLE · texte numérisé non relu

JUSQU'A LA DÉCOUVERTE DU BACILLE

tuberculeuse par ingestion, signale en passant la tuberculisation de huit pigeons obtenue, en même temps que celle de nombreux mammifères, par l'ingestion de produits caséeux provenant du bœuf'. A la même époque, Arloing et L. Tripier publièrent l'observation d'un poulet présentant sur le foie et sur la face interne de l'intestin un nombre considérable de granulations et de tumeurs remplies de matière caséeuse, « lésions ayant de grandes analogies avec la tuberculose ou la leucémie ». Ils firent ingérer les organes malades de ce poulet à un coq qui mourut au bout de soixante-quinze jours, amaigri, avec un fin semis de granulations dans le foie. Plus tard, Arloing eut occasion d'observer un deuxième poulet présentant les mêmes lésions; les organes malades furent donnés à manger à des moineaux et à des serins qui moururent avec des altérations analogues dans le foie et la rate. Tout en relevant les analogies que les lésions présentaient avec la tuberculose, Arloing et Tripier n'osèrent pas se prononcer à cet égard et les regardèrent plutôt comme déterminées par une grégarine^

D'une façon générale, les lésions caséeuses trouvées dans les viscères de différents oiseaux furent confondues avec la diphtérie des gallinacés et décrites communément sous le nom de tuberculo-diphtérie des oiseaux^.

La question entra dans une phase nouvelle et décisive à la suite de la découverte du bacille de la tuberculose. Koch le premier constata la présence de bacilles de la tuberculose dans les tumeurs caséo-calcaires du foie et de l'intestin des poules. Voici la description, aussi nette que sommaire, qu'il donne de la tuberculose de la poule, dans son célèbre mémoire : « Cette maladie dit-il, règne ordinairement d'une façon endémique et il n'est pas rare de la voir détruire toutes les poules d'une basse-cour. Chez les animaux atteints on trouve sur l'intestin et dans le foie des tumeurs bosselées, parfois lisses, de la grosseur d'un pois à celle d'une noix; dans un cas, une tumeur du foie avait atteint

1. BoLLiNGER, Ueber Iinpf-und Ftitterungstuberculose (/(ccA. ej/Jt')'»». l'alhol. 1873, Bdl, p. 356).

2. Arloing et Tripier, Lésions organiques de nature parasitaire clioz le poulet [Associât, franc, pour l'avancement des sciences, 2° session, Lyon, 1873, p. 810).

3. Consulter à ce sujet la monographie de A. Léniez ; la Tulierculo-diplitérie des oiseaux, Amiens. 18.j5 (Extrait des Mémoires de la Société' Linnéenne du Nord de la France, t. 4, 1884-1885).

Page 1