‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 305 sur 689 · SIÈGE DES TUBERCULES CHEZ LA POULE · texte numérisé non relu

SIÈGE DES TUBERCULES CHEZ LA POULE

la grosseur d'une petite pomme. Ces tumeurs sont dures, blanchâtres à la coupe, avec des taches jaunâtres ; au niveau des points jaunes, il existe souvent des dépôts calcaires. Dans un cas, il y avait dans la moelle des os longs des nodules tuberculeux de la grosseur d'un grain de millet; tous ces nodules, provenant de quatre animaux, étaient extraordinairement riches en bacilles de la tuberculose, qu'on trouvait surtout accumulés dans le voisinage immédiat des parties calcifiées. Dans les nodules siégeant sur l'intestin, les bacilles pouvaient être suivis jusque dans les villosités intestinales; il n'est donc pas invraisemblable qu'ils avaient pénétré de l'intestin dans les organes internes; hypothèse d'autant plus plausible que, dans un seul cas seulement, on trouva de rares nodules, très petits, dans les poumons; on peut conclure de ces faits que les bacilles pénètrent dans le contenu intestinal, comme cela se passe dans la tuberculose intestinale de l'homme, pour être ensuite rejetés en dehors et donner ainsi naissance à de nouvelles infections'. » Koch, au moment oii il écrivait ces lignes, croyait que le bacille de la tuberculose des oiseaux était identique au bacille de la tuberculose de l'homme et des mammifères ; nous verrons qu'il devait changer d'avis plus tard.

A partir de ce moment, la tuberculose aviaire fut l'objet d'un grand nombre de travaux qui seront mentionnés dans l'exposé qui va suivre. Nous avons déjà vu plus haut que ces recherches ont montré que le bacille de la tuberculose des oiseaux diffère notablement, tant par un certain nombre de particularités bactériologiques que par ses eilets pathogènes, du bacille des mammifères. Ces différences sont encore à l'étude et l'objet de vives contestations ; elles prêtent un intérêt tout particulier à l'histoire de la tuberculose des oiseaux.

Les lésions tuberculeuses, chez les divers oiseaux de bassecour, siègent de préférence et presque exclusivement sur les organes de l'appareil digestif et ses annexes. Le foie est le plus souvent et le plus profondément atteint. Il est farci de tumeurs de nombre et de volume variables; tantôt c'est un semis très serré de fines granulations blanchâtres; plus souvent ce sont des tumeurs arrondies et bosselées, du volume d'un pois, d'une

1. Koch, Die ^'Ëtiologie der Tuberculose [Mitlheil a. cl. kais. Gesundheilsarnie, 1884, Bd 2,p. 41).

TUBimcur.osE du foie, de la rate,

noisette ou d'une noix, dures, blanchâtres, caséeuses ou crétacées et jaunâtres au centre; ces tumeurs s'énucléent avec une grande facilité et sont logées dans une sorte de géode comme creusée à l'emporte-pièce dans le parenchyme hépatique qui parait sain. La rate est presque toujours infiltrée de tubercules très petits, blanchâtres, ou de nodules volumineux, durs, caséeux ou calcaires. Sur la face séreuse de l'intestin, depuis l'estomac jusqu'au rectum, on voit ordinairement des tumeurs

FiG. 58. — Coupo d'un intestin do poule tuberculeuse. Coloration : fuchsine phôniquôo, bleu de mc'thylône; a masse casôo-tuberculcuso sur la face péritonéale do l'intestin; les parties teintées en rouge sont des amas de bacilles; b, tunique musouleuse; c, villosités. Faible grossissement.

arrondies, de la grosseur d'une tète d'épingle à celle d'une noix, faisant saillie sous le péritoine (fig. 88). Arloing a observé une tumeur tuberculeuse appcndue à l'intestin, chez une poule, e^ qui pesait plus de 600 grammes. Les grosses tumeurs font rarement saillie vers la lumière du canal digestif, dont la muqueuse paraît ordinairement saine à leur niveau ; cependant, en examinant bien le tube digestif, on trouve çà et là de petites tumeurs, faisant légèrement saillie vers la lumière du conduit et correspondant aux follicules lymphatiques tuméfiés et recouverts par la muqueuse intacte.

Page 1