‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 310 sur 689 · TUBERCULOSE DU PERROQUET · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DU PERROQUET

qui paraît ressortir d'observations qui m'ont été communiquées par le docteur Pomay, médecin-major de l'orphelinat Hériot, à la Boissière. Il a eu occasion de suivre une épidémie de tuberculose existant depuis plusieurs années dans la basse-cour d'une ferme possédant environ GOO poules et poulets. J'ai pu m'assurer par moi-même, à diverses reprises, par l'autopsie des poules qui furent envoyées par Pomay à mon laboratoire, que la maladie qui décimait cette basse-cour était bien la tuberculose. Pêle-mêle avec les poules vivaient des dindons, des canards et des oies. Sur 92 dindons, 80 moururent tuberculeux. En revanche, parmi 130 canards et (52 oies qui vivaient aussi en commun avec les poules dans la même cour, buvant la même eau, mangeant la même nourriture et passant la nuit dans le même réduit, aucun canard ni aucune oie ne tomba malade; un grand nombre de ces animaux furent sacrifiés pour la consommation des habitants de la ferme, sans qu'aucun d'eux ne présentât de lésions tuberculeuses. Pomay fait remarquer en outre que de mémoire d'homme il n'y a eu d'individu phtisique dans cette ferme et qu'il n'y en a pas actuellement.

Le perroquet est fréquemment atteint de tuberculose. Frohner, sur loi perroquets traités à la clinique de l'école vétérinaire de Berlin depuis 1886 jusqu'en 1893, en trouva S6 atteints de tuberculose, avec diagnostic assuré par la constatation du bacille : soit une proportion de 36 p. 100*. On doit à Eberlein une étude intéressante sur la tuberculose du perroquet, portant sur o6 cas. Ce qui caractérise la maladie chez ces oiseaux, c'est la fréquence des lésions tuberculeuses de la peau, qui font au contraire le plus souvent défaut chez les poules et les faisans. Ces lésions consistent en des tumeurs grisâtres, souvent d'apparence cornée, siégeant sur les paupières, sur la conjonctive, le globe oculaire, les commissures du bec, le pharynx, la langue, la peau de l'aile, les articulations. Dans certains cas, il existe sur la peau des saillies multiples de plusieurs centimètres de longueur; si l'on détache ces croûtes d'apparence cornée, on trouve au-dessous un tissu de granulation grisâtre, parsemé de tubercules jaunes, et renfermant des bacilles de la tuberculose en très grande quantité. La peau de la tête est' le

i. Frôhnhr, Zur Statistik der Verbreitung der Tuberculose untcr den kleiaen Hausthieren iu Berlin {Monatschefte f. prakt. Thierheilkunde , 189^, p. 51).

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