TUBERCULOSE CUTANÉE FRÉQUENTE CHEZ LE PERROQUET
siège de prédilection de ces tumeurs. Les organes internes sont envahis dans certains cas, les poumons plus fréquemment que le foie et l'intestin, ce qui est encore l'inverse de ce qu'on observe chez les gallinacés'. Nocard a vu un cas de tuberculose chez un perroquet où seuls les poumons étaient infiltrés de tubercules blanchâtres, incroyablement riches enbacilles ; lesorganes digestifs, foie, rate, intestins, étaient entièrement sains. Cadiot a fait connaître récemment l'observation d'un perroquet présentant des tumeurs grisâtres des commissures du bec, de la langue et du palais, que l'on considérait généralement comme appartenant à la diphtérie des oiseaux et où l'examen bactériologique révéla la présence du bacille de la ^uberculose^ Ce qui constitue l'intérêt de cette tuberculose du perroquet, c'est la prédominance des lésions au niveau des orifices naturels (bouche, paupières), et sur le tégument externe. Eberlein pense qu'il s'agit dans ces cas de contagion de l'homme à l'animal, par des baisers notamment; mais cette explication ne peut être acceptée que sous toutes réserves, étant donné les faits qui montrent la difficulté de la transmission de la tuberculose de l'homme et des mammifères aux oiseaux. Les expériences, peu nombreuses, il est vrai, faites par moi sur de petites perruches vertes, expériences que l'on trouvera relatées plus bas, semblent montrer que ces oiseaux se comportent, à l'égard des doux tuberculoses, de la môme façon que les poules : l'inoculation intra-musculaire d'une culture aviaire a déterminé chez une perruche une éruption de tubercules en voie de généralisation, tandis que, chez une autre perruche, l'inoculation d'une culture humaine ne provoqua aucune lésion tuberculeuse.
La localisation de la tuberculose chez les gallinacés, sur l'appareil digestif et ses annexes, avec intégrité presque complète des poumons, semble bien indiquer que le tube digestif constitue surtout, chez ces animaux, la porte d'entrée du virus. Depuis longtemps, les vétérinaii'es étaient presque unanimes à admettre que les poules s'infectaient en avalant des produits tuberculeux et surtout des crachats de phtisiques. En 18(39, Devillers et Lenglen (d'Arras) envoyèrent à l'Académie de mé-
1. Eberlein, Die Tuberculose der Papagcicn (/ôiV/., 1894, Bd 5, p. 248).
2. Cadiot. Sur la tuberculose du perroquet [Bulletin de la Soc. centrale vétérin., 1894, p. 196). — Nocard (Ujid., p. 198).