MAINTIEN DE LA DISTINCTION DES DEUX BACILLES
Mais ce résultat n'a pas encore été obtenu. Si effectivement la tuberculose aviaire n'était autre chose que la tuberculose des mammifères, modifiée d'une façon superficielle par son passage dans le corps des oiseaux, elle devrait reprendre son caractère primitif en faisant retour aux mammifères. Or, c'est le contraire qui s'observe. Si l'on essaie la transmission de la tuberculose aviaire de cobaye à cobaye, les inoculations deviennent presque toujours négatives dès le troisième passage, ainsi que nous l'avons constaté, Gamaléia et moi, puis Maffucci. Loin de gagner en virulence, il suffit de quelques passages chez le cobaye pour détruire le virus aviaire. Nous avons aussi réussi, en injectant dans les veines et dans le péritoine de poules des doses très considérables et plusieurs fois répétées de culture de tuberculose Immaine, à tuer quelquefois ces animaux. Mais en semant des parcelles d'organes de ces poules, le bacille humain se développait dans la culture; de même, en inoculant des fragments de ces organes au cobaye, on provoquait constamment chez lui les lésions bien connues de la tuberculose humaine. Quand on aura indiqué un procédé expérimental ou bactériologique certain, à l'aide duquel on transformera le bacille aviaire, qui se cultive encore à 43", qui est inoffensif pour le chien, etc., en un bacille offrant, dans les cultures, l'aspect et les particularités du bacille humain, ne se développant plus au-dessus de 41", pathogène pour le chien et provoquant régulièrement chez le lapin et chez le cobaye le type classique de la tuberculose expérimentale de Villemin et de Koch ; quand inversement on aura réussi à transformer le bacille humain en bacille aviaire; ce jour-là, mais alors seulement, la preuve de l'identité originelle des deux bacilles sera faite. Mais il est prudent d'attendre ces preuves avant de se prononcer sur cette question théorique du degré de parenté plus ou moins étroit des deux bacilles; dans l'état actuel des choses, tout en reconnaissant les grandes ressemblances qui les rapprochent et qui naguère encore les avaient fait confondre l'un avec l'autre, il importe surtout, comme nous avons eu soin de le faire, de mettre en lumière les caractères différentiels ; on évitera ainsi bien des mécomptes et des contradictions dans l'étude expérimentale et bactériologique de la tuberculose. C'est du reste le terrain sur lequel tous les savants qui sont engagés dans cette