‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 337 sur 689 · ESPÈCE OU VARIÉTÉ? QUERELLE OISEUSE · texte numérisé non relu

ESPÈCE OU VARIÉTÉ? QUERELLE OISEUSE

vécu plus longtemps, on aurait certainement attribué ces lésions à l'inoculation de la tuberculose humaine.

Cet exemple montre bien qu'en inoculant avec de la tuberculose humaine des poules normales en apparence, on est parfois exposé à tomber sur des animaux qui recèlent déjà en germe ou à un degré plus ou moins avancé de développement la maladie aviaire. Cette éventualité peut surtout se présenter quand on expérimente sur de jeunes sujets. On risque fort alors d'attribuer à une infection par le bacille humain les résultats d'une infection antérieure, héréditaire peut-être, par le bacille aviaire. Ainsi doivent probablement s'expliquer les résultats positifs obtenus d'abord par certains expérimentateurs et qu'il ne leur a plus été possible de réaliser dans des essais ultérieurs.

Roux, Babes, Arloing ont constaté l'identité d'effet de la tuberculine humaine et de la tuberculine aviaire ; mais Babes fait remarquer avec raison qu'il ne faut pas y voir une preuve de l'identité des deux bacilles. C'est un caractère commun de plus qui rapproche les deux bacilles, mais qui n'enlève rien à la valeur des caractères qui les différencient.

En somme, les adversaires les plus décidés de la distinction des deux bacilles, Arloing notamment et son élève Courmont, sont loin de nier les différences, si frappantes, qui séparent la tuberculose humaine de l'aviaire; seulement ils nous reprochent d'en avoir fait « deux espèces distinctes » tandis qu'ils veulent n'y voir que « deux variétés ou deux races ». Réduit à cette formule, le débat est bien près de n'être plus qu'une sorte de querelle de mots. Je me suis bien gardé, dans mon travail fait avec Gamaléia, d'aborder la question de la classification rigoureuse des deux bacilles et de la filiation qui peut les réunir. Notre soin était surtout de mettre en lumière les différences, précisément pour faire cesser une identification inexacte et fâcheuse. L'hypothèse d'après laquelle les différences qui séparent la tuberculose aviaire de celle des mammifères résulteraient de l'adaptation d'un type primitivement unique du bacille de Kochà des milieux animaux différents, cette hypothèse est assurément séduisante et la première qui vient à l'esprit. Nous serions les premiers aussi à nous y rallier si l'on était réellement arrivé, soit par des artifices de culture, soit par l'expérimentation, à passer de l'un des bacilles à l'autre.

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