INOCULÉ AUX OISEAUX
sacrifié trois semaines après cette dernière inoculation. A l'autopsie, on trouve à l'endroit de l'injection, dans la crête, sous la peau de la poitrine et dans le péritoine de petites masses d'apparence graisseuse contenant un très petit nombre de bacilles se colorant mal et dégénérés. Tous les organes étaient en parfait état.
IL — On inocule à une poule, dans la veine axillaire, 2 ce. de culture humaine sur gélose glycérinée, finement émulsionnée dans du bouillon. Trois semaines après, nouvelle inoculation intra-veineuse de 1 ce. de culture. La poule ne présente aucune modification dans son état, pendant plus de sept mois; on la sacrifie alors et on ne constate aucune lésion tuberculeuse. Le frottis des divers organes ne renferme pas de bacilles.
m. — Le 28 janvier 1893, on injecte dans le périLoine d'une poule une seringue de Pravaz de culture humaine sur bouillon glycériné finement émulsionnée. Au bout de quelques mois, la poule maigrit beaucoup, la crête devient pâle et affaissée. Le 13 septembre on sacrifie l'animal. Le péritoine, oîi avait eu lieu l'injection, est absolument sain, le mésentère transparent, sans trace de tubercules. La raie, l'intestin, les poumons, les reins sont également indemnes. Mais en sectionnant le l'oie on trouve dans son intérieur plusieurs nodules caséeux, calcifiés au centre, contenant des bacilles.
L'inoculation intra-péritonéale de culture humaine aurait-elle provoqué chez cette poule, en l'absence de toute aulre lésion tuberculeuse, la formation de ces foyers caséo-calcaires dans le foie? La chose est possible, mais il faut se demander si ces foyers ne sont pas indépendants de l'inoculation et si l'on n'avait pas affaire à une poule atteinte déjà de tuberculose spontanée qui a évolué du mois de janvier au mois de septembre. Il est difficile d'admettre que l'injection inlra-péritonéale n'ait déterminé aucune localisation sur le péritoine et ait exclusivement entraîné des lésions aussi exactement limitées à l'intérieur du foie et aussi avancées.
Le 13 septembre, on inocule un peu du produit caséeux du foie de cette poule, finement broyé dans du bouillon, sous la peau de la cuisse de deux cobayes. L'un de ces cobayes meurt très amaigri le 21 décembre. Abcès caséeux au point d'inoculation; rate, foie, poumons sans aucun tubercule. Ou cherche vainement la présence de bacilles dans le pus de l'abcès ainsi que dans le frottis des organes.
Le deuxième cobaye, à ce moment (21 décembre) paraît bien portant; on le sacrifie. Abcès caséeux volumineux sous la peau de la cuisse. Rate rouge, volumineuse; pas de tubercules dans aucun organe. Pas de bacilles dans le frottis de ces organes, ni dans le pus de l'abcès.
On voit donc que les effets de l'inoculation au cobaye des produil:s tuberculeux de la poule sont tout à fait ceux que détermine le bacille aviaire. Il faudrait donc admettre que, dés le premier passage à la poule, le bacille humain se serait transformé en un bacille ayant les particularités principales du bacille aviaire; nouvel argument en faveur de l'hypothèse qu'il s'agissait d'une poule atteinte de tuberculose spontanée.
IV. — Une poule achetée le jour même chez le fruitier reçoit dans la veine axillaire 1 ce. d'une émulsion fine de culture humaine. Cette poule meurt trois jours après. On trouve le péritoine, la face externe des intes-