BACILLE DES MAMMIFÈRES INOCULÉ AUX OISEAUX
tins, le foie, la raie remplis de tubercules, dont plusieurs de la grosseur d'une noisette, jaunes, caséo-calcaires. On était tombé sur une poule déjà profondément tuberculeuse. Si elle avait vécu plus longtemps, on aurait été conduit à attribuer les lésions à l'inoculation de la culture humaine.
V. — Une jeune poule noire reçoit le 26 octobre 1893 dans le péritoine une seringue de Pravaz d'une émulsion de tubercules du poumon d'un bœuf atteint de pommelière. Cette poule demeura parfaitement bien portante pendant cinq mois; elle engraissa et gagna en poids 360 gr. Elle fut tuée le 22 mars 1894. A l'autopsie, on trouve le péritoine parsemé de nodules jaunâtres, assez abondants, de la grosseur d'une tête d'épingle ; la surface du foie et de la rate en est également parsemée. Le frottis fait avec ces granulations ne renferme que de rares bacilles, granuleux. On pouvait penser, au premier abord, que la pommelière avait été, dans ce cas, inoculé avec succès à la poule. Cependant, les lésions nodulaires du péritoine étaient discrètes et peu étendues; elles renfermaient peu de bacilles; l'état général de l'animal était parfait. S'agissait-il cependant d'une première étape de la transformation du bacille des mammifères en bacille aviaire?
Pour m'en assurer, je fis une émulsion très fine de fragments du foie et de larate de cette poule renfermant des nodules, et je l'inoculai à dose considérable dans le péritoine d'une poule; cette poule maigrit notablement au bout de deux mois; le 16 mai, on la sacrifia; on trouva dans le péritoine quelques nodules jaunes, dans le frottis desquels on décela des bacilles tuberculeux longs, graimleux. Le foie, la rate, les ganglions mésentériques étaient parfaitement sains. En dehors des nodules jaunes qui sont manifestement les reliquats des produits injectés, il n'existait pas un seul tucule apparent. Le frottis de la rate, du foie, du poumon ne révélait la |)résence d'aucun bacille. Il n'y avait donc eu aucune généralisation tuberculeuse, comme on l'aurait observée si le bacille de la pommelière s'était transformé en bacille aviaire par son passage par la première poule.
VI. — Le 24 mars 1894, on injecte à une poule pesant 1 kilogramme dans le péritoine 1 ce. d'émulsion de culture humaine; on injecte de la même culture dans la crête. Le 8 août, la poule est très amaigrie; elle ne pèse plus que 650 grammes, on la sacrifie. A l'autopsie, le péritoine, le l'oie, la rate et tous les organes abdominaux sont parfaitement sains, et les frottis faits avec ces organes ne révèlent la présence d'aucun bacille. Dans la crête existe une tuméfaction dure, semi-lluctuante, qui, incisée, donne issue à un peu de pus séreux et à une masse jaunâtre, caséo-calcaire,qui, examinée au microscope, contenait d'assez nombreux bacilles.
Une autre poule pesant l'*'',100 avait été inoculée le même jour (24 mars) avec la même dose de la même culture dans le péritoine et dans la crête. Le S août elle paraît très bien portante et pèse l'''',lbO. Le 3 octobre, cette poule est maigre, elle pèse 820 grammes, la crête est pâle; on la sacrifie. A l'autopsie, le péritoine et tous les viscères sont absolument normaux et ne présentent aucune trace de tubercules. Les frottis faits avec la rate, le foie et les poumons ne révèlent la présence d'aucun bacille.
TUBERCULOSE AVIAIRE CHEZ LE COBAYE.
Dans la crête existent des noyaux indurés, au centre desquels on trouve une masse jaunâtre contenant des bacilles.
VIL Le 12 mai 1894, on injecte dans le muscle pectoral d'une petite perruche verte 4 ce. d'une émulsion de culture humaine. L'oiseau est trouvé mort le 30 mai. A l'autopsie, on ne constate aucune lésion appréciable dans les divers organes; on ne retrouve même pas l'endroit de l'inoculation; le frottis de la rate et du foie ne révèle la présence d'aucun bacille.
TUBERCULOSE AVIATRE