PSEUDO-TUBERCULES
établir que la cellule géante n'est pas exclusivement la caractéristique anatomiquedu tubercule. En jetant une ligature sur des artères, il constata dans le tissu de granulation qui se développe -autour du lien la présence de cellules géantes et de cellules épithélioïdes. En introduisant dans le tissu cellulaire sous-cutané des corps étrangers finement divisés, il vit apparaître sous l'influence de cette irritation purement mécanique non seulement des cellules géantes, mais des amas nodulaires tout à fait comparables au follicule tuberculeux de Langhans et de Kôster. Il existe cependant une différence importante : ces nodules ne présentent ni la tendance à la dissémination et à la généralisation, ni la transformation caséeuse propres au tubercule vrai. Ce n'est donc pas par ses particularités anatomiques, mais seulement par son évolution que l'on peut affirmer la nature tuberculeuse d'un produit pathologique .
Des recherches analogues, que nous aurons occasion d'exposer plus loin, furent poursuivies par Hip. Martin, qui, le premier, en instituant systématiquement des inoculations en séries, mit en lumière le principal caractère distinctif du tubercule authentique d'avec les lésions pseudo-tuberculeuses provoquées par des agents irritants banals. Mais il nous faut signaler ici les intéressants travaux de Laulanié sur les altérations pseudo-tuberculeuses produites dans le poumon du chien par les œufs du Strongylus vasorum\
Le Sti'ongyliis vasorum est un nématode de 2 centimètres de long qui vit dans le cœur droit et dans les divisions de l'artère pulmonaire du chien. La femelle pond des œufs qui vont, par voie embolique, se loger dans les artérioles terminales du poumon ; ces œufs et les embryons qui en naissent provoquent dans le poumon la formation d'innombrables granulations grises, demi-transparentes, de la grosseur d'une tète d'épingle au plus : on dirait une véritable granulie du poumon. Mais déjà par la simple dissociation de ces nodules, à l'état frais, on peut y constater la présence d'œufs ellipsoïdes, contenant souvent, dans l'intérieur de leur coque, un embryon enroulé en spirale.
\. Baumoarten, Riesonzcllcn und Syphilis {Ccniralhl. f. die med. Wissenschaflen, 1876, n° 45). — Zur Tuborkulosenfra.gc [ibid., 1878, n» 13),
2. Laulanié, Sur quelques aft'uctions parasitaires du poumon et leur rapport avec la tuberculose [Arch. de phijsiol. norm. elpalhoL, 1884, t. 2, p. 487).