‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 37 sur 689 · AUTOUR DES CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

AUTOUR DES CORPS ÉTRANGERS

Les embryons libres ou bien provoquent autour d'eux la formation d'un tubercule, ou pénètrent dans les bronches par oià ils sont éliminés pour aller, infecter un autre animal qui les ingère avec ses aliments.

Si l'on étudie les coupes d'un poumon de chien atteint de strongylose, on s'assure que les granulations présentent tous les caractères histologiques du tubercule : au centre existe une cellule géante, creusée d'une cavité qui renferme un œuf ou un embryon; une zone moyenne est formée de cellules épithélioïdes; enfin la zone périphérique est composée de cellules embryonnaires disposées circulairement. Malgré ces ressemblances avec le vrai tubercule, l'affection causée par les œufs du strongle n'est pas une phtisie; elle n'entraîne pas la déchéance progressive de la nutrition qui accompagne la tuberculose ; les chiens s'accommodent parfaitement de la présence des granulations parasitaires dans leurs poumons et, s'ils succombent, leur mort est due à des troubles circulatoires, mécaniques, résultant de thromboses de l'artère pulmonaire.

Dans un travail d'ensemble, publié ultérieurement, Laulanié établit que les cellules géantes apparaissent dans tous les processus inflammatoires, spécifiques ou vulgaires, procédant d'une irritation continue et peu intense. C'est un épisode anatomique spécial de l'inflammation. Ces cellules se développent autour de corps étrangers variables, bacilles de Koch, toufi"es d'actinomyces, embryons du strongylus, etc. '.

Quant à la signification et à l'origine des cellules géantes, elles continuaient à être un sujet de controverses. Cornil qui, dès 1868, avait insisté sur les rapports de siège du tubercule avec les vaisseaux sanguins, se prononça pour le développement intra-vasculaire des cellules géantes ^ « L'accumulation des globules blancs et de qvielques globules rouges, l'union et l'englobement dans une masse de plasma fibrineux de cellules lymphatiques dont les noyaux s'hypertrophîent, la tuméfaction des cellules endothéliales, tels sont les phénomènes observés à l'in-

1. Laulanié, Elude critique et exporiment. sur les cellules normales et patliol. {Thèse de Lyon, 1888).

2. Cornu-, De la tubei'culose des séreuses et de ce qu'on appelle les cellules géantes (C. /{. de la Soc. de biol., 1878, p. 100).

CORNIL. —

Page 1