‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 373 sur 689 · CONTAGION MARITALE · texte numérisé non relu

CONTAGION MARITALE

Les 213 cas de contagion comprennent 107 cas de contagion entre conjoints, dont 6i cas du mari à la femme et 43 cas de la femme au mari; 73 cas se rapportent à des faits de contagion entre parents (entre frères ou sœurs, entre enfants et parents, etc.).

Dans 226 cas, malgré les conditions favorables à la transmission, celle-ci n'avait point eu lieu entre époux, parents ou étrangers vivant en promiscuité plus ou moins complète et prolongée avec un phtisique. « Nous avions le devoir, dit Vallin, de donner les résultats numériques qui précèdent, mais nous n'avons jamais eu la pensée de résoudre la question difficile de la contagiosité de la phtisie par la statistique, encore moins de transformer l'enquête en une sorte de plébiscite, permettant aux partisans et aux adversaires de se compter. En tout cas, le nombre des abstentions eût annulé le vote. Mais cette consultation donnée librement par les médecins appartenant à toutes les écoles, à toutes les parties du territoire, renferme des documents utiles à mettre en lumière. »

La question de la contagion entre époux est particulièrement intéressante à étudier, car l'intimité des rapports, dans ces cas, doit beaucoup favoriser la transmission. Le professeur Delacour (de Rennes) a adressé à la commission d'enquête le texte nominal de 54 ménages auxquels il a donné des soins et dont l'un des conjoints est phtisique ou a succombé à la maladie. Dans 50 cas, le survivant est resté bien portant, longtemps après la mort de l'époux phtisique; dans 4 cas seulement, le survivant est devenu à son tour poitrinaire et il n'est pas prouvé que dans ces quatre cas il n'y ait pas eu de prédisposition héréditaire.

Leudet (de Rouen), dans son travail Si/r la tuberculose pulmonaire dans les familles, a recherché la fréquence de la contagion maritale; il a relevé 74 mariages où l'un des conjoints était tuberculeux; dans 61 cas, l'autre conjoint était resté indemne, bien que dans les deux tiers de ces cas (40 sur 60), un intervalle de plus de onze ans se fût écoulé déjà entre la mort du conjoint tuberculeux et la mort, par une maladie toute différente, du conjoint devenu veuf. Dans 13 ménages seulement, le conjoint survivant est devenu tuberculeux à son tour, mais six fois ce dernier présentait des antécédents héréditaires. Il

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