FAITS NÉGATIFS NE PROUVANT RIEN CONTRE LA CONTAGION
ne resterait donc que 7 cas(soit 11 p. 100) de contagion maritale probable, contre 61 cas (82 p. 100) où cette contagion ne s'est pas effectuée, plus 6 cas (7 p. 100) incertains'.
Leudet (des Eaux-Bonnes) a recherché également ce qu'étaient devenus les conjoints survivants des phtisiques observés par lui depuis vingt-ciuq ans ; il est arrivé à cette constatation que sur 112 veufs ou veuves de phtisiques avérés, 7 seulement, dont 4 femmes et 3 hommes, auraient été atteints de tuberculose-.
« Ces faits, comme le dit justement Vallin, peuvent prouver que la tuberculose n'est pas très contagieuse, mais on n'en peut nullement conclure que la contagion n'existe pas... Ce n'est pas par les faits négatifs qu'on peut espérer dissiper les doutes qui existent sur la réalité d'une contagion. Combien ne pourrait-on pas citer de personnes qui ont été en contact, parfois intime, avec un enfant atteint de diphtérie et qui n'ont cependant pas contracté la maladie? Ce grand nombre de cas négatifs empêche-t-il d'affirmer la transmissibilité de la diphtérie? » Jaccoud, au sujet de faits analogues, oii la transmission, malgré des conditions en apparence favorables, ne s'était pas effectuée, s'exprimait déjà dans le même sens : « Sans doute, dit-il, la transmission n'est pas constante, mais qu'importe; est-il une maladie infectieuse qui soit constamment transmise lorsque les conditions de transmissibilité sont présentes? Il n'en est pas une seule, et pourquoi exiger plus de l'infection tuberculeuse que de toute autre? La raison de cette inconstance dans les résultats n'a rien de mystérieux ni d'insaisissable; c'est la diversité de l'état organique de l'individu contaminé... Je ne pense donc pas que les faits négatifs puissent prévaloir contre les faits positifs, qui tirent d'ailleurs de leur nombre, de leur netteté, de la multiplicité de leur origine, une incontestable valeur ^ » Ajoutons, enfin, que les faits recueillis par Leudet et par Delacour se rapportent presque exclusivement à la classe aisée, oii les chances de contagion sont bien diminuées par le bien-être et par l'hygiène. Il est probable que la proportion
1. Consulter aussi à ce sujet une excellente leçon clinique de Potain : De la transmission de la phtisie entre époux [Revue de médecine, 1885, p. 499).
2. Leudet (des Eaux-Bonnes). Note pour servir à l'étude ctiologiquc de la phtisie pulmonaire [Union médicale, 1891).
3. Jacooud, Curabilité et Lraitement de la phtisie pulmonaire, Paris, 1881, p. 94.