‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 419 sur 689 · VALLIN : HÉRÉDITÉ ET CONTAGION FAMILIALE · texte numérisé non relu

VALLIN : HÉRÉDITÉ ET CONTAGION FAMILIALE

et prudente des faits, il faut se borner à rechercher l'hérédité directe, celle qui vient du père et de la mère; il faut laisser de côté non seulement les cas trop incertains de l'hérédité collatérale, mais encore l'hérédité en retour ou atavisme.

« Supposons, en effet, un père de famille dont un des enfants devient tuberculeux; il recherche les antécédents héréditaires de sa famille, et voici ce qu'il trouve dans la ligne directe :

Ses deux grands-pères et ses deux grand'mères . . 4

Ceux de sa femme . . 4

Son père et sa mère 2

Ceux de sa femme 2

Lui-même et sa femme 2

« Au total 14 personnes; si deux de ces nombreux ascendants de l'enfant ont été atteints de tuberculose, on dira que sa maladie est héréditaire, bien que le nombre des tuberculeux dans cette famille n'atteigne pas la moyenne générale des décès tuberculeux. La vérité est que certaines familles dépassent très notablement cette moyenne, tandis que d'autres restent bien au-dessous de ce chiffre; c'est sur cette base qu'il faudrait tout au moins supputer l'influence héréditaire. » Vallin conclut son rapport dans les termes suivants : « On ne peut nier que l'hérédité joue un rôle important dans le développement de la tuberculose; mais en raison de la grande fréquence de cette affection, il est difficile de fixer rigoureusement la limite de cette influence ; elle ne semble pas s'exercer dans plus de la moitié des cas. Toutefois, un certain nombre de cas imputés à l'hérédité pourraient bien n'être que l'effet de la contagion familiale. En tous cas, l'hérédité ne se produit guère que par la voie directe, c'est-à-dire par le père ou par la mère, elle n'a lieu que très exceptionnellement par atavisme ou par voie collatérale. L'enfant a beaucoup de chances de devenir tuberculeux quand la mère, à l'époque de la conception, était déjà tuberculeuse; quand le père seul était phtisique, les enfants restent très souvent indemnes. La tuberculose héréditaire est d'ordinaire précoce, elle apparaît dans l'enfance ou dans la jeunesse; la tuberculose tardive est le plus souvent acquise et le fait de la contagion »

l. Vallin, Rapport sur l'enquête concernant la contagion de la phtisie [Bulletin de la Soc. médicale des hôpitaux, Paris, 1886, p. 78).

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