RARETÉ DE LA TUBERCULOSE ACQUISE, MÊME CHEZ L'ADULTE
de la tuberculose, est au contraire l'apanage de l'enfance et souvent de la première enfance; de plus, les scrofuleux sont de préférence destinés à devenir tuberculeux. Chez ceux qui, à un âge plus avancé, deviennent phtisiques, rien ne prouve que la maladie n'ait sommeillé depuis la naissance, dans quelque recoin de l'organisme. La tuberculose congénitale existe, quoiqu'elle soit exceptionnelle; les lésions tuberculeuses, chez les enfants âgés de quelques mois, sont loin d'être rares et les observations abonderaient, si les autopsies étaient faites avec, le soin voulu et complétées par l'examen microscopique. La tuberculose héréditaire doit être assimilée à la syphilis héréditaire qui, il est vrai, est le plus souvent congénitale, mais qui se manifeste aussi parfois longtemps après la naissance, sous la forme de syphilis héréditaire tardive.
Baumgarten a môme singulièrement élargi la signification de la tuberculose congénitale, en ce sens qu'il la considère comme la cause de beaucoup la plus fréquente de la tuberculose en général, même des tuberculoses universellement considérées comme acquises. Baumgarten en effet estime que le rôle que l'on fait jouer, depuis les recherches de Villemin et de Koch, dans l'étiologie de la tuberculose, à l'inhalation de produits tuberculeux desséchés, des crachats notamment, a été grandement exagéré. 11 trouve les preuves expérimentales invoquées à cet égard peu convaincantes. La prédominance si grande de la localisation pulmonaire de la tuberculose ne démontrerait pas que le poumon soit, dans ces cas, la porte d'entrée de la maladie; elle prouverait seulement que le poumon est un organe de prédilection pour le développement du bacille. « Si, dit-il, la présence du bacille tuberculeux dans l'air était la principale cause de la phtisie pulmonaire, il faudrait s'attendre à ce que la totalité des hommes fussent atteints de la maladie, dans le cours de leur existence. En effet, étant donné, le grand noiubre de phtisiques et la profusion extrême avec laquelle les particules de crachats desséchés existent dans l'air, on peut bien admettre que le virus tuberculeux existe, pour ainsi dire, partout dans l'air et que tout homme vivant dans un endroit habité est exposé journellement à l'inhaler. Et cependant, il n'y a qu'une portion de l'humanité qui paye son tribut à la tuberculose, le plus grand nombre y échappe.