DE LA TUBERCULOSE DANS LA PREMIÈRE ENFANCE
signés dans la statistique de A. Wûrzburg et qui sont particulièrement instructifs, parce qu'ils donnent le nombre des morts par phtisie, pour un âge déterminé, proportionnellement aux vivants du même âge. On voit par ces chiirres que la mortalité par phtisie, tout en étant relativement fréquente dans les premières années de la vie, sauf chez le nourrisson où elle est rare, l'est cependant moins que dans l'âge adulte, à partir de 25 ans, oii la mortalité présente une marche graduellement ascendante jusqu'à la vieillesse. D'après la statistique des décès par phtisie dressée pour Paris par J. Bertillon, on voit que le chiffre de ces décès est très notable de 0 à 5 ans, inférieur cependant à celui que donnent l'âge mûr et la vieillesse. En revanche, la statistique belge de Destrée et Gallemaerts et celle de Holti (de Helsingfors) donnent, comme maximum de mortalité par tuberculose, les deux premières années de la vie.
11 résulte de l'ensemble des données statistiques que la tuberculose est exceptionnellement rare dans les premiers mois (les trois premiers mois surtout) qui suivent la naissance, mais qu'elle est d'une fréquence beaucoup plus grande qu'on ne le croyait communément dans la première enfance (de 3 mois à 2 ans), sans que cependant cette période de la vie constitue celle 011 la mortalité par tuberculose atteigne son maximum.
Tout en reconnaissant que la tuberculose de la première enfance est beaucoup moins rare qu'on ne s'est plu à le proclamer, je ne puis toutefois voir dans cette donnée un argument en faveur de l'origine congénitale de la maladie. La plupart des cas dont il s'agit ici se rapportent à des enfants âgés de G mois à 2 ans, ayant par conséquent, comme le fait remarquer Sanchez-Toledo, largement eu le temps de s'infecter après leur naissance. Quand ces enfants sont de souche tuberculeuse, bien des conditions peuvent favoriser cette infection ; la faiblesse et la vulnérabilité constitutionnelle dont ils héritent de leurs parents malades est déjà une cause de réceptivité plus grande; il faut y joindre les mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles la plupart d'entre eux se trouvent placés, la tuberculose sévissant surtout dans les familles de prolétaires. Dans ce milieu, les enfants à la mamelle sont en contact direct et continuel avec leurs parents, dont ils partagent souvent le lit. « Si dans ces cas, il faut faire une part à la possibilité de l'hérédité