SONT ACQUISES ET NON CONGÉNITALES
Il existait quelques petits tubercules disséminés dans les poumons ; l'intestin était parfaitement sain. Mapremière impression, en faisant cette autopsie, était qu'il s'agissait d'un cas de tuberculose congénitale, tant les lésions étaient profondes et en apparence de date ancienne chez cet enfant, âgé seulement de 3 semaines; mais l'enquête à laquelle je me livrai dvit me faire renoncer à cette hypothèse. La mère de cet enfant était parfaitement bien portante, comme je pus m'en assurer par xm examen attentif; elle était, du reste, placée dans la crèche de la Charité comme nourrice, et elle allaitait son enfant en même temps qu'un autre qui lui était contié. Le père de l'enfant, d'après les renseignements qui me furent donnés, était aussi fort bien portant. 11 est donc impossible de considérer la tuberculose de cet enfant comme de nature congénitale ; il s'était probablement infecté par les voies respiratoires, par le fait de son séjour à l'hôpital. Ce fait prouve, comme les précédents, avec quelle rapidité et quelle intensité les lésions tuberculeuses peuvent évoluer chez les tout jeunes sujets.
A. Wassermann a publié récemment un cas analogue. Il s'agit d'un enfant âgé de 10 semaines, qui présenta à l'autopsie un foyer caséeux étendu du poumon gauche, avec des lésions tuberculeuses des ganglions bronchiques, du foie, des reins et des abcès caséeux des deux oreilles moyennes. L'intestin était sain. La mère ainsi que le père étaient bien portants. Il ne pouvait être question dans ce cas d'une tuberculose congénitale. L'enfant avait été nourri au sein durant le premier mois, ensuite avec du lait de vache coupé. Tout devait donc faire supposer qu'il s'agissait d'une infection tuberculeuse par les voies respiratoires. L'enquête apprit que, huit jours après la naissance de son enfant, la more avait habité pendant une semaine chez son beau-frère, phtisique avancé, crachant abondamment; ils avaient couché dans la même chambre. <( Il n'est pas douteux, fait remarquer Wassermann, que si l'on se livrait à une enquête analogue pour la plupart des cas de tuberculose de la première enfance, l'on parviendrait à mettre en évidence, de la même façon, une source d'infection extra-utérine »
1. A. Wassermann, Beitrag zur Lehre von dor Tuberculose im friihcsten Kindesalter [Zeitsc/ir. f. Ihjg. u. Infectionskmnkh, 1894, Bd H, p. 3i3).