‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 454 sur 689 · CONCLUSIONS A TIRER DE CES CHIFFRES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS A TIRER DE CES CHIFFRES

partisans à outrance de l'hérédité du germe tuberculeux, pour expliquer le profond sommeil de ce germe pendant la vie fœtale, puis pendant l'enfance et parfois pendant une longue période de la vie extra-utérine. Si cette immunité des tissus fœtaux existe réellement, comment comprendre qu'elle soit surmontée parfois, ainsi que le témoignent les cas incontestables, quoique très rares, de tuberculose extra-utérine? Les faits expérimentaux du reste sont loin de confirmer cette hypothèse de la résistance plus grande des jeunes animaux à l'inoculation du bacille de Koch. Dans toutes les autres maladies infectieuses, y compris la syphilis, les choses se passent d'une façon tout autre : ou bien le fruit est déjà infecté in utero, aux diverses périodes de la gestation , d'où la mort du fœtus , l'avortement interne, suivi bientôt de l'avortement proprement dit; ou bien la maladie contractée par le fruit avant la naissance se manifeste, dans l'immense majorité des cas, dès les premières semaines qui suivent cette naissance; c'est ce qui est le fait, notamment, de la syphilis congénitale; il existe, il est vrai, des cas incontestables de syphilis héréditaire tardive, et les beaux travaux du professeur Fournier ont particulièrement jeté la lumière sur ce point curieux; mais de l'aveu même de cet éminent syphilographe et de ceux qui se sont occupés du même problème, ce ne sont là que des cas tout à fait exceptionnels, si on les compare à la fréquence de la syphilis congénitale précoce.

Les statistiques empruntées à l'histoire de la pommelière sont particulièrement instructives, à cause de la netteté pour ainsi dire schématique de la conclusion qu'elles comportent. Cette conclusion est que la fréquence de la tuberculose, chez les animaux de l'espèce bovine, est rigoureusement proportionnelle à l'âge, c'est-à-dire que, comme chez l'homme, mais avec une évidence beaucoup plus grande encore, le nombre des cas augmente avec les occasions répétées d'infection auxquelles l'individu est exposé pendant le cours de sa vie. Il semble ([ue tous les raisonnements ne prévaudront pas contre cet argument décisif: si la source principale de la tuberculose, pou l'homme ainsi que pour les animaux, était non pas dans le monde extérieur, pendant la vie extra-utérine, mais remonterait à une infection fœtale, la proportion devrait être renversée :

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